La Tunisie a officiellement lancé, vendredi 30 octobre 2026, son premier recensement général agricole numérique. Prévue sur la période 2026-2027, l’opération de collecte sur le terrain débutera en novembre et couvrira l’ensemble du territoire national. Selon une estimation présentée dans un document officiel, relayé par la Presse, près de 831.000 exploitations agricoles devraient être recensées.
L’objectif est de constituer une base de données exhaustive et actualisée sur les exploitations, leur localisation, leurs activités, leurs ressources et leurs capacités de production. Les résultats doivent permettre aux autorités de mieux orienter les investissements, d’adapter les politiques agricoles aux spécificités régionales et de disposer d’indicateurs plus précis sur la structure du secteur.
Des exploitations géolocalisées et des données numérisées
Annoncé par le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, le lancement marque le début d’une opération qui reposera sur des outils numériques. Les agents recenseurs utiliseront notamment des tablettes électroniques pour collecter et traiter les données directement sur le terrain.
Le dispositif prévoit également le recours à des technologies de géolocalisation et à des systèmes d’information géographique (SIG), afin de localiser précisément les exploitations et de cartographier leurs caractéristiques.
Les informations recueillies porteront notamment sur la structure des exploitations, les activités agricoles, les équipements, la main-d’œuvre et les moyens de production. Elles doivent contribuer à mieux évaluer les capacités productives du pays et les besoins des différentes régions.
Un outil pour orienter les politiques agricoles
Au-delà du dénombrement, le recensement vise à fournir aux décideurs une vision plus précise de la réalité du secteur. La répartition géographique des exploitations et la connaissance de leurs caractéristiques doivent notamment aider à mieux cibler les programmes de développement, à soutenir les petites et moyennes exploitations et à identifier les possibilités d’investissement.
Cette base de données pourrait également améliorer la planification dans un contexte marqué par les défis liés à la disponibilité des ressources naturelles, aux changements climatiques et à la sécurité alimentaire.
La représentante de la Direction générale des études et du développement agricole, Emna Jellouli, a souligné l’intérêt de ces données pour l’élaboration de stratégies sectorielles fondées sur des informations fiables, l’amélioration de la gouvernance des projets de développement et la promotion de l’investissement agricole.
La confidentialité des données en question
La réussite de l’opération dépendra aussi de la participation des agriculteurs et de la fiabilité des informations collectées.
Les responsables ont également insisté sur la confidentialité des données individuelles, destinées à des fins statistiques. Les résultats du recensement doivent ainsi fournir une référence actualisée pour les pouvoirs publics, les chercheurs et les professionnels, sans exposer les informations personnelles des exploitants.
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