La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis a décidé, vendredi 25 septembre, de reporter à une date ultérieure l’examen de l’affaire dite des « enregistrements », impliquant notamment Mondher Lounissi et le journaliste Zied El Heni. La demande de remise en liberté de l’ancien dirigeant d’Ennahdha a, de son côté, été mise en délibéré.
Une nouvelle audience sans jugement
Le dossier devait connaître une nouvelle étape judiciaire ce vendredi, mais la chambre criminelle a finalement décidé de reporter son examen. Mondher Lounissi et Zied El Heni étaient concernés par cette audience, tandis que plusieurs autres prévenus sont poursuivis en état de fuite, selon les éléments rapportés par Mosaïque FM.
La juridiction a également mis en délibéré la demande de remise en liberté présentée par Mondher Lounissi. L’ancien dirigeant d’Ennahdha a été entendu dans le cadre de cette requête avant que la chambre ne renvoie le dossier à une prochaine audience.
Le journaliste Zied El Heni se trouve, lui, en détention dans le cadre d’une autre condamnation. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait confirmé qu’il devait comparaître le 25 septembre dans cette affaire liée à un enregistrement attribué à Mondher Lounissi et à la journaliste Chahrazed Akacha.
D’un témoin à un prévenu
L’affaire remonte à la diffusion, en 2023, d’un enregistrement sonore présenté comme mettant en cause Mondher Lounissi et Chahrazed Akacha. Zied El Heni avait expliqué avoir contacté des personnes liées à l’enregistrement afin d’en vérifier l’authenticité et de recouper les informations avant leur traitement journalistique. Il avait d’abord été entendu comme témoin avant de voir son statut évoluer vers celui de suspect.
Le dossier a ensuite été transmis à la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme. Les poursuites visant les différents prévenus reposent sur des qualifications à caractère terroriste : celles-ci relèvent à ce stade de l’accusation et de la procédure judiciaire et ne constituent pas, en elles-mêmes, une déclaration de culpabilité.
Parmi les personnes citées dans la procédure figurent notamment Rafik Abdessalem, Ahmed Gaaloul, Mouadh El Khereiji, Maher Zid, Taher Boubahri, Ridha Idriss et Mohamed Fathi Ayadi.
Un dossier encore loin de son terme
Le report du 25 septembre prolonge donc une procédure engagée depuis plusieurs années autour de la provenance, de l’authenticité et de l’exploitation judiciaire de cet enregistrement. Le cas de Zied El Heni avait suscité ces derniers jours de nouvelles prises de position de syndicats de journalistes français, qui ont demandé sa libération et contesté les poursuites engagées contre lui. Ces demandes relèvent de la position de ces organisations et ne préjugent pas de la procédure judiciaire tunisienne.
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