La transition vers un réseau énergétique intelligent en Tunisie commence à prendre forme sur le terrain. Présenté comme un projet national prioritaire, le “Smart Grid” entre désormais dans une phase concrète, marquée par le déploiement progressif de compteurs intelligents dans plusieurs régions du pays.
Le président-directeur général de la STEG, Faycel Trifa, a annoncé mardi que près de 80 000 compteurs intelligents basse tension ont été installés entre l’été 2024 et mars 2026 dans plusieurs zones pilotes, notamment à Sfax, Kerkennah, Sousse, Tunis Est et Béja. À cela s’ajoutent 5 000 compteurs moyenne tension déployés à l’échelle nationale.
Au-delà du simple déploiement de compteurs, le projet repose sur une infrastructure technologique avancée permettant une gestion en temps réel du réseau. Il intègre notamment des systèmes capables de localiser, isoler et rétablir automatiquement les pannes, réduisant ainsi les délais d’intervention et améliorant la continuité du service.
Une montée en puissance d’ici fin 2026
Le projet doit désormais changer d’échelle. D’ici la fin de l’année 2026, les autorités tablent sur l’installation de 450.000 compteurs électriques et 100.000 compteurs de gaz, marquant l’achèvement de la première phase du programme.
À plus long terme, l’objectif est nettement plus ambitieux : près de 5 millions de compteurs devraient être installés à l’horizon 2035, ouvrant la voie à une transformation en profondeur du système énergétique national.
Facturation, pannes, consommation : ce qui va changer
Au-delà des volumes annoncés, c’est l’impact sur les usagers qui constitue le véritable tournant. Le Smart Grid doit permettre de moderniser le système de facturation, avec une ambition claire : mettre fin progressivement aux factures estimatives, souvent contestées.
Les compteurs intelligents offriront également la possibilité de suivre sa consommation en temps réel, renforçant la transparence et facilitant la maîtrise des dépenses énergétiques.
Contrairement au système actuel, le Smart Grid repose sur une communication bidirectionnelle entre le réseau et les usagers, permettant à la STEG d’interagir à distance avec les compteurs, sans intervention physique. Cette évolution ouvre la voie à une gestion plus réactive et plus précise des consommations et des incidents.
Dans le même temps, le dispositif vise à améliorer la gestion des réseaux, en optimisant l’équilibre entre l’offre et la demande, en accélérant la détection des pannes et en facilitant l’intégration des énergies renouvelables.
Le dispositif devrait également contribuer à réduire les pertes sur le réseau et à lutter contre les branchements illégaux, un enjeu central pour l’équilibre financier du secteur énergétique.
Un projet soutenu par un financement international
La première phase du programme est financée par un prêt de l’Agence française de développement (AFD), d’un montant de 120 millions d’euros, soit environ 400 millions de dinars.
Au-delà du financement, le projet s’inscrit également dans une dynamique de coopération technologique internationale, notamment avec les États-Unis, autour du développement de solutions de réseau intelligent.
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