Le projet de “Ville Automobile Intelligente” entre dans une phase décisive en Tunisie. Porté par le ministère de l’Industrie, ce chantier stratégique ambitionne d’attirer 1,3 milliard de dinars d’investissements pour faire du pays une plateforme régionale des véhicules électriques, intelligents et des logiciels embarqués.
La Tunisie franchit un nouveau cap dans sa stratégie industrielle avec l’accélération du projet Automotive Smart City, présenté comme l’un des piliers du pacte de compétitivité du secteur automobile à l’horizon 2027.
Réunis vendredi au siège du ministère de l’Industrie, les principaux acteurs publics et privés ont affiné les prochaines étapes opérationnelles d’un programme appelé à transformer en profondeur l’écosystème national des composants automobiles et de la mobilité électrique.
Un mégaprojet industriel de 1,3 milliard de dinars
Le cœur du projet repose sur un objectif d’investissement massif de 1 milliard de dinars consacré à la fabrication de véhicules électriques et intelligents, auquel s’ajoutent 300 millions de dinars destinés à deux projets complémentaires spécialisés dans les composants automobiles.
Cette future cité industrielle intelligente doit permettre à la Tunisie de renforcer son attractivité auprès des grands constructeurs internationaux en quête de nouvelles bases régionales, notamment pour accompagner la montée en puissance de la mobilité décarbonée.
Au-delà de l’outil industriel, la stratégie vise également les logiciels de pointe et les systèmes embarqués, un segment où l’ingénierie tunisienne dispose déjà d’une forte crédibilité sur plusieurs marchés internationaux.
Un levier pour l’export et l’emploi d’ici 2027
L’Automotive Smart City s’inscrit dans une vision plus large : faire passer les exportations tunisiennes du secteur à 13,5 milliards de dinars d’ici 2027 et soutenir la création de 150.000 emplois dans les prochaines années.
Le projet ambitionne ainsi de consolider la place de la Tunisie parmi les leaders africains de l’industrie automobile, un secteur qui occupe déjà le deuxième rang des exportations industrielles du pays vers l’Europe.
Cette orientation répond aussi à la recomposition mondiale des chaînes de valeur automobiles, marquée par la recherche de sites proches du marché européen, compétitifs et dotés de compétences en électronique, software et composants intelligents.
Partenariat public-privé et appui international
La réunion de travail a rassemblé notamment Meriem Elloumi, présidente de la Tunisian Automotive Association, aux côtés des représentants ministériels et des partenaires internationaux.
Le projet bénéficie de l’appui de la GIZ ainsi que d’un cabinet d’ingénierie étranger chargé de structurer la future zone intelligente. Cette coopération vise à aligner le projet sur les standards internationaux des nouvelles zones industrielles intégrées.
Les prochaines semaines devraient être consacrées à la consolidation du schéma d’exécution, avec un accent particulier sur la synergie entre l’État, les industriels et les investisseurs internationaux.