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L’UGTT à Tataouine revendique l’intégration de 60 employés dans la société pétrolière ENI

par webdo.tn
lundi 18 août 2014 18:47
dans National
L'UGTT à Tataouine revendique l'intégration de 60 employés dans la société pétrolière ENI
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SYNDICAT | Le bureau régional de l’UGTT à Tataouine revendique l’intégration de 60 employés, qui travaillaient dans les sociétés de services pétroliers, à la société pétrolière ENI qui existe en Tunisie depuis les années 60.

Ces sociétés de services pétroliers, n’ayant plus besoin d’eux leur ont notifié leur fin de contrat depuis le début du mois d’août. Ces derniers, ayant travaillé pendant des années là-bas, veulent être intégrés à ENI.

ENI et les sociétés de services pétroliers 

Plusieurs sociétés de services pétroliers étrangères, entre autres Italfluid, OMV, STORM (spécialisée dans l’exploration pétrolière ),  Winstar, SITEP, Anadarko, travaillent pour ENI, en partenariat avec  la société publique tunisienne ETAP qui fait de la prospection, de l’exploration et de la production de gaz et de pétrole.

La région de Tataouine, à elle seule,  produirait entre 50 et 60 % (avec 30.000/40.000 barils par jour) de la production nationale de pétrole et de gaz d’après Kamel Abdellatif, secrétaire général de l’UGTT à Tataouine, d’où la concentration de toutes ces sociétés, entre autres dans cette zone de la Tunisie. « Plusieurs champs pétroliers existent là-bas, comme celui de Ben Tartar, Chouch, Borma, … néanmoins les avantages de cette production ne profitent pas beaucoup à la région », déplore le syndicaliste.

Entre négociations et grèves 

Selon M. Abdellatif , les grèves effectives sont au nombre de trois ou quatre au maximum depuis la révolution, privilégiant le recours aux négociations. « Le problème, c’est que des accords ont été signés mais n’ont pas été appliqués, notamment celui du 15 avril dernier au siège du ministère des Affaires sociales », affirme-t-il.

Les signataires étaient l’ETAP, l’Inspection du travail, l’UGTT et le ministère de l’Industrie. Parmi les points de l’accord, selon le syndicaliste :

Que les employés continuent à travailler et qu’ils soient rémunérés ;
Mettre en place une commission commune entre l’ETAP, l’Inspection du travail et l’UGTT pour un rapport technique et examiner les contrats des employés dans les sociétés de services et leur rapport avec le géant italien pétrolier ENI pour aboutir à une dernière réunion.

Après plusieurs reports de grève, les 60 employés sont en « sit-in », nous assure Kamel Abdellatif, que nous avons rencontré ce lundi 18 août à Tunis. Les sit-inneurs pourraient être rejoints par leurs collègues encore en poste pour une grève si les revendications ne sont pas concrétisées.

Parmi ces employés, 39 travaillent au sein du groupe Italfluid, qui effectue notamment des opérations de raffinage du pétrole pour le compte d’ENI dans le champ pétrolier d’Oued Ezzar, non loin de la frontière tuniso-libyenne.

Une énième réunion, tenue le 8 août au ministère des Affaires sociales, a annulé une grève qui devait avoir lieu le 16 août, évitée de justesse pour trouver des solutions.

Explication du PDG de l’ETAPLe PDG de l’ETAP, Mohamed Akrout, nous a expliqué que ces employés ne peuvent pas intégrer la société ENI. D’après lui, ils travaillaient dans des sociétés de services pétroliers et ne sont pas des salariés d’entreprises de « sous-traitance » puisque ce système a été annulé.

Il nous explique qu’après la révolution, en 2012, du personnel technique a été intégré à ENI et que plus de 300 personnes d’entreprises sous-traitantes ont été effectivement embauchées dans une société nouvellement créée : la « Tataouine Services Company ».

Cependant pour le cas des 60 employés qui luttent actuellement pour être eux aussi intégrés à ENI, M. Akrout précise qu’il ne s’agit nullement de « sous-traitance » car ce système a été annulé dans le secteur.

« Ils travaillaient pour ces sociétés de services pétroliers, comme Italfluid et ils avaient des tâches bien déterminées. Quand leur travail est terminé, ils ne peuvent pas continuer à travailler avec le même personnel, […] dans le cas d’Italfluid, l’entreprise a investi dans du nouveau matériel et n’a donc plus besoin de ses 39 salariés aujourd’hui » , explique le PDG, ajoutant que ceux-ci doivent recevoir avec la fin de leur contrat des indemnités conséquentes.

Explication d’ Italfluid

Nous avons joint des responsables de la société Italfluid à Tunis, qui ont accepté de répondre à nos questions mais ont refusé de donner leur nom, se présentant comme des « responsables d’Italfluid ». La société de services, qui assure que le nombre d’employés en conflit avec l’entreprise est de 33 et non de 39, a assuré n’avoir fait aucun licenciement ou avoir mis fin à des contrats :  » Lorsque nous finissons un contrat pour ENI, les salariés concernés doivent rentrer à la maison, en attendant d’être réaffectés à d’autres projets ».

Italfluid nous indique également que tous ses employés sont titularisés, disposent d’un contrat en bonne et due forme et d’un salaire moyen de 2.000 dinars par mois. L’UGTT affirme de son côté que les salaires varient « entre 800 et 1.800 dinars selon les postes ».

Par Lilia Weslaty & Perrine Massy


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Tags: guerre

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