L’Arabie saoudite prépare une offensive contre les Houthis au Yémen pour reprendre le contrôle de zones stratégiques autour de Bab el-Mandeb. Selon Reuters, plus de 100.000 combattants yéménites pourraient être mobilisés, avec un appui aérien saoudien, tandis que les États-Unis fournissent notamment du renseignement.
Une nouvelle étape pourrait s’ouvrir dans le conflit yéménite. L’Arabie saoudite prépare une opération militaire destinée à repousser les Houthis des territoires récemment conquis sur la côte de la mer Rouge, avec Bab el-Mandeb comme objectif stratégique majeur, selon des responsables régionaux et occidentaux cités par Reuters.
L’agence indique que l’opération pourrait être lancée dans les prochaines semaines. Elle serait menée au sol par des forces yéménites placées sous la supervision de Riyad et soutenue par des frappes aériennes saoudiennes.
Deux scénarios étudiés par Riyad
Selon les sources citées par Reuters, deux options sont actuellement envisagées.
La première consisterait en une opération relativement ciblée autour de Bab el-Mandeb, afin de reprendre les zones contrôlant ce passage maritime stratégique. La seconde serait beaucoup plus large, avec des offensives coordonnées sur plusieurs fronts, notamment dans les gouvernorats d’Al-Bayda, Marib, Taïz et Al-Jawf.
L’ampleur de l’opération déterminerait le nombre de combattants mobilisés. Plus de 100.000 forces yéménites pourraient être engagées, précise Reuters.
Le calendrier reste également incertain. Les sources de Reuters évoquent des hypothèses allant d’un lancement dans la semaine à une opération reportée jusqu’après les élections américaines de mi-mandat, début novembre.
Washington apporte du renseignement
Les États-Unis seraient impliqués dans le dispositif, mais pas directement dans les combats.
Selon Reuters, Washington fournit déjà à Riyad des conseillers militaires et du renseignement, notamment des informations de ciblage, pour soutenir les opérations aériennes saoudiennes au Yémen. Les sources citées par l’agence indiquent toutefois que les alliés de l’Arabie saoudite ne devraient pas participer directement aux opérations de combat.
La Turquie et le Pakistan fournissent pour leur part des équipements militaires utilisés par Riyad. La France doit également déployer des systèmes défensifs et des troupes en Arabie saoudite pour contribuer à la protection de Yanbu, sur la mer Rouge.
Bab el-Mandeb au cœur du nouvel affrontement
L’enjeu dépasse largement le seul territoire yéménite. Bab el-Mandeb constitue la porte méridionale de la mer Rouge et l’un des principaux passages maritimes entre l’Asie, la Méditerranée et le canal de Suez.
La progression des Houthis autour de ce détroit et la prise de Périm, le 11 septembre, avait notamment fait apparaître un risque supplémentaire pour les routes reliant l’Asie à la Méditerranée.
Cette nouvelle évolution change toutefois d’échelle : après avoir documenté la menace pesant sur cette route maritime, il s’agit désormais de suivre la préparation d’une opération militaire destinée à reprendre son contrôle.
L’éventuelle offensive ouvrirait ainsi un nouveau chapitre du conflit yéménite, avec des conséquences potentielles pour la sécurité de la navigation en mer Rouge et, indirectement, pour les chaînes d’approvisionnement reliant l’Asie à la Méditerranée.
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