Le Mexique est secoué par une vague de violence sans précédent après la mort du baron de la drogue Nemesio Rubén Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », chef du très puissant Cartel de Jalisco Nueva Generación (CJNG).
Tué dimanche 22 février lors d’une opération militaire dans l’État de Jalisco, ce narcotrafiquant de 59 ans était l’un des criminels les plus recherchés du pays et des États-Unis. Sa chute, perçue comme un coup dur pour les autorités, a déclenché une spirale de représailles dans une grande partie de la République.
Une réaction violente et coordonnée du cartel
Dès l’annonce de sa mort, des membres présumés du CJNG ont lancé une série d’attaques, érigé des barrages routiers avec des véhicules incendiés, bloqué des routes et mis le feu à des commerces et des stations-service dans au moins 20 des 32 États mexicains. Guadalajara, capitale de l’État de Jalisco et deuxième plus grande ville du pays, est apparue comme un théâtre majeur des affrontements, avec des rues désertes et des écoles fermées.
Selon les autorités mexicaines, plus de 70 personnes ont été tuées entre l’opération visant à neutraliser El Mencho et les violences qui ont suivi : parmi elles des membres des forces de sécurité, des suspects de l’organisation criminelle et au moins un civil.
Déploiement militaire massif
Face à l’ampleur des affrontements, le gouvernement a déployé quelque 10.000 soldats et des unités de la Garde nationale pour tenter de restaurer l’ordre. La présence de ces forces vise à sécuriser les grandes agglomérations, lever les barrages et protéger les populations civiles plongées dans un climat de peur.
Plusieurs pays, dont les États-Unis, ont émis des avis de sécurité encourageant leurs ressortissants présents au Mexique à rester à l’intérieur et à éviter les déplacements non essentiels dans les zones affectées, notamment dans les régions touristiques comme Puerto Vallarta ou Guadalajara.
Un contexte délicat pour la sécurité nationale
El Mencho, qui dirigeait le CJNG, était considéré comme l’un des trafiquants les plus influents du Mexique, avec des réseaux de trafic de fentanyl, de méthamphétamine et de cocaïne vers les États-Unis. Sa mort marque une étape importante dans la lutte contre les cartels mais expose aussi le pays à des risques de fragmentation interne du groupe criminel, susceptibles d’alimenter de nouveaux conflits entre factions rivales pour le contrôle des territoires.
Ces violences interviennent dans un pays déjà confronté à une longue histoire de criminalité organisée et de combats entre cartels et forces de l’ordre : la réaction fulgurante du CJNG montre combien la lutte contre ces réseaux demeure un défi majeur pour la sécurité intérieure du Mexique, quelques mois seulement avant qu’il n’accueille la Coupe du Monde de football 2026.