La surveillance aérienne mise en place cette saison à Malte dans le cadre de la pêche au lampuki a permis de détecter 25 infractions potentielles, dont certaines impliquant des navires tunisiens. Selon le directeur du contrôle des pêches à Malte, Gilbert Balzan, neuf de ces infractions ont été confirmées par les autorités tunisiennes.
Une surveillance aérienne pendant la saison du lampuki
L’opération a été menée de la mi-août au début septembre à l’aide d’un petit avion équipé de caméras à 360 degrés. Le dispositif était déployé dans le cadre d’un projet pilote impliquant l’Agence européenne de contrôle des pêches (EFCA), en coopération avec les autorités maltaises.
Le projet pilote avait été annoncé par le gouvernement maltais le 28 septembre. À l’époque, le ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Approvisionnement alimentaire avait indiqué que l’avion de surveillance de l’EFCA, auparavant déployé depuis la Sicile ou d’autres sites en Italie, opérait désormais depuis Malte afin de permettre une réaction plus rapide aux signalements de pêche illégale.
Neuf cas confirmés par la Tunisie
Selon Gilbert Balzan, les autorités tunisiennes ont confirmé neuf des infractions détectées. Cette précision est importante : les 25 cas recensés par la surveillance aérienne sont présentés comme des infractions potentielles, tandis que les neuf autres ont fait l’objet d’une confirmation par les autorités tunisiennes, selon le responsable maltais.
Le dispositif intervient dans un contexte de tensions récurrentes autour de la pêche au lampuki. Les pêcheurs maltais utilisent notamment des dispositifs flottants, appelés rimji, autour desquels se concentrent les poissons. Des responsables maltais accusent depuis plusieurs années certains navires tunisiens de pêcher sur ces dispositifs.
Mais le dossier ne se limite pas à une question de contrôle des eaux maltaises.
Des incidents en eaux internationales
Les autorités maltaises reconnaissent que la majorité des incidents signalés impliquant des navires tunisiens se produisent au-delà de la zone maltaise de gestion des pêches, fixée à 25 milles nautiques. Ils ont donc lieu en eaux internationales.
Cette situation limite la capacité de Malte à sanctionner directement les navires tunisiens. Les éléments recueillis doivent être transmis par les mécanismes européens et régionaux aux autorités tunisiennes afin que celles-ci puissent examiner les faits et prendre, le cas échéant, les mesures appropriées.
Malte souhaite désormais prolonger ce dispositif de surveillance avec l’EFCA et d’autres agences européennes. Le projet constitue ainsi moins une opération ponctuelle qu’un nouvel outil de contrôle dans une zone maritime où la surveillance et les compétences juridictionnelles se chevauchent.
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