De nouvelles discussions indirectes entre Washington et Téhéran s’ouvrent aujourd’hui à Genève, dans un climat d’escalade militaire et de pressions économiques accrues. À la veille de ce troisième cycle de pourparlers, les États-Unis ont décrété une nouvelle salve de sanctions visant des entités et des pétroliers iraniens. En toile de fond, le président américain brandit la menace d’une frappe limitée tandis que l’Iran affiche un optimisme prudent.
Dialogue fragile sous médiation omanaise
Les délégations américaine et iranienne doivent se retrouver jeudi en Suisse pour tenter d’avancer sur l’épineux dossier du programme nucléaire iranien. Les discussions, indirectes, seront menées sous la médiation du chef de la diplomatie d’Oman.
Côté américain, l’émissaire spécial et proche du président Steve Witkoff participera aux échanges, aux côtés de Jared Kushner, conseiller influent et gendre du président Donald Trump. Ils feront face au ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi.
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Ces pourparlers interviennent après deux précédentes sessions organisées depuis la reprise du dialogue début février, une première depuis la guerre de douze jours de juin 2025. Malgré ce canal diplomatique réactivé, les tensions demeurent vives.
Le président iranien Massoud Pezeshkian s’est voulu confiant quant à l’issue des discussions, affichant un optimisme mesuré avant cette nouvelle séquence diplomatique.
Washington frappe au portefeuille
À la veille des négociations, l’administration américaine a annoncé une nouvelle série de sanctions économiques contre Téhéran. Le département du Trésor a placé sur liste noire plusieurs sociétés, douze pétroliers iraniens et quatre ressortissants iraniens.
Selon Washington, ces navires appartiennent à une « flotte fantôme » utilisée pour contourner l’embargo sur les exportations de brut iranien. Les autorités américaines accusent Téhéran d’utiliser ces revenus pour financer la répression interne, soutenir des groupes armés alliés et développer ses capacités militaires.
Cette décision illustre la stratégie américaine de pression maximale, alors même que la diplomatie reste officiellement ouverte.
Menaces militaires et lignes rouges
Le climat reste marqué par une forte tension stratégique. Le président américain a récemment accordé à l’Iran un délai de dix à quinze jours pour parvenir à un accord, évoquant la possibilité d’une frappe ciblée contre la République islamique. Il a également ordonné un renforcement massif de la présence militaire américaine au Moyen-Orient, avec notamment le déploiement de deux porte-avions et de dizaines de milliers de soldats dans la région.
Lors d’un discours récent, Donald Trump a accusé l’Iran de développer des missiles susceptibles de menacer l’Europe et les bases américaines, affirmant que Téhéran poursuivait des ambitions nucléaires « sinistres ».
L’Iran, de son côté, rejette toute volonté de se doter de l’arme atomique et insiste pour que les discussions se limitent strictement à son programme nucléaire civil. Téhéran exige par ailleurs la levée des sanctions qui asphyxient son économie.
Washington, en revanche, souhaite élargir l’éventuel accord au programme balistique iranien ainsi qu’au soutien de la République islamique aux groupes armés dans la région.