Les autorités libyennes ont lancé, dans l’après-midi du mardi 24 mars, les opérations de remorquage du méthanier russe endommagé au large de leurs côtes depuis le début du mois. Ce déploiement marque un tournant dans la gestion de cet incident maritime à haut risque.
Selon un communiqué officiel, l’opération est supervisée par le Centre de coordination de recherche et de sauvetage des garde-côtes. Des équipes spécialisées ont réussi à sécuriser le navire et à le préparer pour son transfert vers un emplacement sécurisé, en attendant son acheminement vers un port libyen, afin d’éviter toute dérive incontrôlée.
Risque de rupture et cellule de crise
Face à l’urgence, les autorités ont activé une cellule de crise interministérielle regroupant plusieurs organismes maritimes. L’objectif est d’écarter tout scénario de pollution majeure.
Le Centre de lutte contre la pollution maritime a notamment alerté sur un risque de fissure ou de rupture de la coque, une menace susceptible de compliquer les opérations de remorquage.
Une zone maritime sous vigilance
Initialement localisé entre la Sicile, Malte et le nord de la Libye, le navire a progressivement dérivé vers des zones plus méridionales. Bien que l’« Arctic Metagas » ne se trouve pas dans les eaux territoriales tunisiennes, sa trajectoire le maintient dans un périmètre proche du bassin maritime régional.
Dans cette zone de Méditerranée centrale, les courants peuvent relier rapidement les eaux libyennes aux côtes nord-africaines, ce qui maintient un niveau de vigilance élevé.
Le méthanier, identifié par des sources russes, s’était rapproché des côtes près de Zouara, à environ 140 kilomètres à l’ouest de Tripoli. La situation est désormais placée sous surveillance étroite.
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Une cargaison sensible de 62 000 tonnes
Le navire transporte environ 62 000 tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance de Mourmansk, avec pour destination initiale Port-Saïd.
Moscou affirme que le bâtiment aurait été visé par des drones maritimes, une version qui n’a pas été confirmée de manière indépendante. Les 30 membres d’équipage ont été secourus sains et saufs.
Plusieurs moyens techniques, dont un remorqueur de haute mer et des équipes spécialisées, sont mobilisés avec l’appui de partenaires internationaux pour stabiliser la situation.
L’objectif final est de transférer le navire vers un port libyen, où des inspections techniques approfondies pourront être menées.