Les États-Unis ont franchi une étape majeure dans leur politique antiterroriste en classant certaines branches des Frères musulmans comme organisations terroristes étrangères, a annoncé mercredi l’administration américaine. Cette décision s’inscrit dans un effort plus large engagé fin 2025 par le président Donald Trump pour cibler les réseaux islamistes soupçonnés de soutenir ou de faciliter des actions violentes.
Selon le communiqué officiel publié aujourd’hui, le département d’État des États-Unis a inscrit la branche libanaise des Frères musulmans sur la liste des « Foreign Terrorist Organizations » (FTO), tandis que le département du Trésor a classé les branches jordanienne et égyptienne comme « specially designated global terrorists » (SDGT) en raison de leur prétendu soutien à des groupes armés comme le Hamas.
Cette mesure intervient dans le cadre d’un décret exécutif signé en novembre 2025, qui a ordonné un examen approfondi de divers chapitres de la confrérie pour déterminer s’ils remplit les critères de la loi américaine sur les organisations terroristes.
L’administration a affirmé que ces désignations visaient à mettre fin aux activités qui, selon elle, contribuent à la violence régionale et menacent la sécurité des citoyens américains et des alliés des États-Unis. Des responsables ont notamment cité des liens entre certains éléments du mouvement et des groupes armés impliqués dans des confrontations au Moyen-Orient.
Pas l’organisation internationale dans son ensemble
Il est important de noter que la désignation ne concerne pas l’organisation internationale dans son ensemble, mais seulement des branches spécifiques identifiées par Washington. Jusqu’à présent, le gouvernement fédéral n’a pas inscrit globalement tous les Frères musulmans comme organisation terroriste.
Par ailleurs, plusieurs États américains, comme le Texas et la Floride, avaient déjà pris des mesures pour qualifier les Frères musulmans et certaines organisations associées de groupes terroristes ou criminels au niveau local, accentuant la pression politique autour de ce dossier.
Cette décision risque d’avoir des répercussions diplomatiques, notamment avec des pays où l’influence de la confrérie reste tolérée ou intégrée dans des structures politiques. Elle souligne également les tensions persistantes au sein de l’administration américaine sur la politique étrangère et antiterroriste, dans un contexte de montée des préoccupations sécuritaires liées aux réseaux islamistes transnationaux.
Lire aussi : Frères musulmans : Macron exige des mesures face à la « gravité des faits »