Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a affirmé, samedi, que la reconnaissance par l’entité sioniste du prétendu « État d’Asomaliland » constitue un acte grave, s’inscrivant dans les pratiques d’une entité coloniale étrangère cherchant à s’étendre de manière illégitime au détriment des États de la région, en exploitant la fragilité des situations sécuritaires et économiques pour servir des objectifs géopolitiques.
Cette position a été exprimée dans l’allocution de la Tunisie prononcée par le chef de la diplomatie tunisienne, mandaté par le Président de la République, à l’occasion de la 22e session extraordinaire du Conseil des ministres des Affaires étrangères des États membres de l’Organisation de la coopération islamique, tenue à Djeddah. Cette réunion était consacrée à l’examen des derniers développements de la situation en République fédérale sœur de Somalie.
À cette occasion, Mohamed Ali Nafti a réitéré le soutien de la Tunisie aux positions émanant de l’Organisation de la coopération islamique, de la Ligue des États arabes, de la Commission de l’Union africaine ainsi que du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, qui ont clairement condamné cette mesure jugée illégale.
Le ministre a également renouvelé l’expression de la solidarité totale de la Tunisie avec la République fédérale de Somalie, affirmant le soutien absolu de Tunis à sa souveraineté, à l’unité de son territoire et à son intégrité territoriale, soulignant qu’il s’agit d’une responsabilité historique et morale à laquelle la Tunisie « a l’honneur de contribuer ».
Contexte géopolitique marqué par la compétition
Revenant sur les faits, les relations entre Israël et la région autoproclamée du Somaliland se sont intensifiées ces derniers mois dans un contexte géopolitique marqué par la compétition pour l’influence dans la Corne de l’Afrique. Le Somaliland, qui a proclamé unilatéralement son indépendance de la Somalie en 1991 sans jamais obtenir de reconnaissance internationale, cherche depuis plusieurs années à établir des relations diplomatiques bilatérales afin de légitimer son statut sur la scène internationale.
Selon plusieurs analyses, l’intérêt israélien pour le Somaliland s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer sa présence dans des zones stratégiques proches de la mer Rouge et du golfe d’Aden, des axes maritimes essentiels pour le commerce international et la sécurité régionale. Cette dynamique intervient également dans un contexte de fragilisation de l’État somalien, confronté à des défis sécuritaires majeurs et à une instabilité politique persistante.
La reconnaissance annoncée par Israël du Somaliland a suscité une vague de condamnations régionales et internationales, notamment de la part de l’Union africaine, de la Ligue des États arabes et de l’Organisation de la coopération islamique, qui réaffirment toutes leur attachement au principe du respect de la souveraineté des États, de l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation et de l’unité territoriale de la Somalie.
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