La République populaire de Chine a annoncé une réforme majeure de sa politique commerciale avec le continent africain : à compter du 1ᵉʳ mai 2026, elle supprimera les droits de douane sur les importations en provenance de 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. Cette décision marque une intensification de la coopération économique sino-africaine et vise à renforcer les échanges commerciaux entre les deux parties.
Une mesure ambitieuse pour dynamiser le commerce
Jusqu’à présent, la Chine accordait déjà un traitement tarifaire préférentiel à certains pays africains, mais l’élargissement de cette exonération à presque tous les États du continent représente un tournant.
En éliminant les droits de douane sur une vaste majorité de produits, Pékin entend faciliter l’accès des produits africains au marché chinois, estimé à plus de 1,4 milliard de consommateurs ; stimuler les exportations africaines, notamment dans les secteurs agricoles et manufacturiers ; accroître la compétitivité des produits africains face aux biens importés d’autres régions du monde ; et renforcer les liens économiques bilatéraux dans un contexte de compétition commerciale globale.
Outre l’exonération tarifaire, la Chine prévoit de mettre en place des mécanismes comme le « green channel » pour simplifier davantage les procédures douanières et faciliter ainsi le commerce avec ces pays.
Un partenariat stratégique dans un contexte mondial
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie plus large de la Chine pour consolider sa présence économique en Afrique, où elle est le premier partenaire commercial du continent depuis plusieurs années. En 2024, les échanges Chine-Afrique ont atteint un record d’environ 295,6 milliards de dollars, avec une augmentation annuelle marquée, signe d’un lien commercial dynamique malgré les asymétries structurelles persistantes.
L’objectif politique affiché est également de renforcer la coopération Sud-Sud et de proposer une alternative aux modèles d’aide traditionnels en structurant les relations économiques autour du commerce, des investissements et des projets d’infrastructures durables.
Les échanges Tunisie–Chine, un potentiel à exploiter
Dans ce contexte continental, la Tunisie se trouve à un carrefour de possibilités commerciales. Bien que les échanges avec la Chine soient en croissance, ils demeurent encore loin de ce qu’ils pourraient être si une plus grande variété de produits tunisiens accédaient au marché chinois.
Selon les données du Centre de promotion des exportations (CEPEX), les échanges commerciaux entre la Tunisie et la Chine ont atteint environ 9,2 milliards de dinars en 2024, soit une progression d’environ 8% par rapport à 2023. Cette croissance témoigne de l’intérêt croissant des deux partenaires économiques, mais souligne aussi un déséquilibre structurel du commerce bilatéral.
Cependant, malgré cette progression, les exportations tunisiennes vers la Chine ne représentent qu’une part très limitée du total des échanges commerciaux tuniso-chinois, laissant apparaitre un fort potentiel encore inexploré.
La suppression des droits de douane par la Chine pourrait offrir à la Tunisie diverses opportunités comme accroître ses exportations, notamment dans les secteurs agricoles (huile d’olive, produits de la mer, dattes) ; améliorer la compétitivité de ses produits sur le marché chinois, actuellement dominé par des importations en provenance de pays asiatiques et européens ; attirer davantage d’investissements chinois dans des secteurs à forte valeur ajoutée, tels que l’industrie manufacturière ou les technologies.
La décision chinoise de supprimer les droits de douane pour la quasi-totalité des pays africains représente une avancée significative pour le commerce continental. Pour la Tunisie, cela peut constituer une opportunité stratégique de diversification de ses marchés d’exportation et de réduction de son déficit commercial structurel.
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