Le bilan ne cesse de s’alourdir. Selon l’organisation iranienne de défense des droits humains HRANA, basée aux États-Unis, au moins 2571 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations déclenchées fin décembre par l’effondrement du rial et la dégradation continue des conditions de vie.
Pour la première fois, les autorités iraniennes ont elles aussi reconnu un bilan national, évalué à environ 2000 morts. Un aveu inhabituel, dans un pays où la transparence sur la répression est rarement assumée.
Une contestation sociale devenue crise politique majeure
Ce qui avait commencé comme une mobilisation contre la cherté de la vie s’est mué en mouvement de contestation généralisé.
La hausse vertigineuse des prix de l’alimentation, l’effondrement du pouvoir d’achat et les pénuries de biens essentiels ont catalysé un mécontentement latent, qui dépasse désormais la seule question économique.
Les manifestations se sont étendues à plusieurs catégories sociales : étudiants, fonctionnaires, travailleurs publics et retraités. Des slogans visant directement la plus haute autorité du pays, le Guide suprême, ont été entendus jusque dans les mosquées.
La répression s’est intensifiée, avec près de 10.000 arrestations recensées par les ONG. Malgré cela, les cortèges continuent de défiler dans de nombreuses provinces.
Cette mobilisation, l’une des plus étendues depuis 2019, fragilise la légitimité du pouvoir religieux, qui peine à répondre aux revendications autrement que par un mélange de promesses floues et de fermeté policière.
Une crise intérieure à résonance régionale
Dans un Moyen-Orient déjà marqué par la guerre à Gaza, les tensions au Liban et les attaques en mer Rouge, l’instabilité en Iran ajoute une couche d’incertitude.
Les États-Unis, par la voix de Donald Trump, ont encouragé les manifestants, le président affirmant que « l’aide est en route » sans préciser la nature de son soutien. Washington évoque « toutes les options possibles », y compris militaires, tandis que Pékin dénonce les mesures de rétorsion commerciale envisagées à l’égard des pays commerçant avec Téhéran.
Le pouvoir iranien accuse pour sa part des « éléments terroristes manipulés par l’étranger ». Il a averti qu’une intervention internationale serait répondue par des actions ciblant Israël et les intérêts américains dans la région, y compris leurs bases et leur flotte déployée dans le Golfe.
Si le cœur de la crise reste interne — économique, sociale et institutionnelle — ses conséquences pourraient rapidement déborder les frontières iraniennes, dans un contexte régional saturé de tensions stratégiques.
L’ampleur du bilan humain, confirmé par HRANA et désormais partiellement reconnu par Téhéran, accentue les interrogations : le régime peut-il contenir durablement une contestation qui touche désormais l’ensemble de la société ?
Do you think president Trump saw this video from Tehran? pic.twitter.com/92dBJCqVvk
— Open Source Intel (@Osint613) January 12, 2026
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