Les relations entre l’Égypte et l’Éthiopie connaissent une nouvelle escalade diplomatique. Le Caire et Addis-Abeba ont procédé à des expulsions réciproques de diplomates, sur fond d’accusations d’ingérence dans le conflit armé éthiopien et de rivalités persistantes autour du partage des eaux du Nil. Cette confrontation intervient alors que les tensions s’étendent à la Corne de l’Afrique, faisant craindre une dégradation supplémentaire des relations entre plusieurs pays de la région.
Le 1er octobre 2026, l’Éthiopie a déclaré un diplomate égyptien persona non grata et lui a ordonné de quitter le territoire dans un délai de 48 heures. Le lendemain, l’Égypte a répliqué en déclarant à son tour persona non grata un conseiller de l’ambassade d’Éthiopie au Caire, également sommé de partir sous 48 heures, selon des informations rapportées par Reuters et le quotidien égyptien Ahram Online.
Des accusations d’ingérence qui aggravent les tensions
À l’origine de cette nouvelle confrontation diplomatique figurent les accusations formulées par les autorités militaires éthiopiennes contre plusieurs pays voisins et régionaux. Le chef d’état-major de l’armée éthiopienne, Birhanu Jula, a notamment accusé l’Égypte, l’Érythrée et le Soudan de soutenir une coalition de groupes d’opposition engagés dans des combats contre les forces fédérales dans le nord de l’Éthiopie.
Ces accusations interviennent alors que les affrontements ont repris dans les régions du Tigré, de l’Amhara et de l’Afar, ravivant les craintes d’un nouvel embrasement du pays. Les autorités des pays mis en cause ont rejeté les accusations de soutien aux groupes armés.
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Le Caire a qualifié la décision éthiopienne d’expulser son diplomate d’injustifiée et a affirmé rejeter toute ingérence dans les affaires intérieures des autres États. La réponse égyptienne, fondée sur le principe de réciprocité diplomatique, illustre la détérioration des relations entre les deux capitales.
Cette crise s’inscrit dans une rivalité plus ancienne, dominée par le différend sur le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne, inauguré en septembre 2025. L’Égypte, dont l’approvisionnement en eau dépend largement du Nil, réclame un accord juridiquement contraignant sur la gestion du barrage. L’Éthiopie défend, de son côté, son droit à exploiter ses ressources hydriques pour répondre à ses besoins énergétiques et économiques.
L’Union africaine appelle à la désescalade
La confrontation entre Le Caire et Addis-Abeba intervient dans un contexte régional particulièrement tendu. L’Éthiopie a également rompu ses relations diplomatiques avec l’Érythrée après avoir fermé son ambassade à Asmara et ordonné l’expulsion de dix diplomates érythréens. En réaction, l’Érythrée a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec son voisin.
Cette succession de mesures diplomatiques fait peser de nouvelles incertitudes sur la stabilité de la Corne de l’Afrique, où les rivalités territoriales, les conflits armés et les enjeux d’accès à la mer Rouge s’entrecroisent.
Face à cette escalade, la Commission de l’Union africaine a publié, le 1er octobre, un appel à la retenue adressé à l’Égypte, à l’Éthiopie et à l’Érythrée. Elle a exhorté les trois pays à éviter toute déclaration ou action susceptible d’aggraver les tensions et à privilégier les canaux diplomatiques ainsi que le dialogue pacifique.
Au-delà des expulsions de diplomates, l’évolution de cette crise dépendra notamment de la capacité des protagonistes à éviter une extension des tensions régionales et à maintenir des mécanismes de communication. Le différend autour du Nil, les accusations d’ingérence et la dégradation des relations entre Addis-Abeba et ses voisins constituent désormais autant de facteurs susceptibles de compliquer une éventuelle désescalade.