Dans les derniers jours de février 2026, une confrontation majeure s’est intensifiée autour de la politique tarifaire des États-Unis, orchestrée par le président Donald Trump, au cœur de l’actuelle guerre commerciale mondiale. Cette « affaire des droits de douane américains » combine une décision judiciaire historique, une réponse politique radicale, et des répercussions internationales et économiques importantes.
Un revers majeur à la Cour suprême
La crise a atteint un tournant le 20 février 2026, lorsque la Cour suprême des États-Unis a jugé inconstitutionnelle une grande partie des droits de douane imposés par l’administration Trump, estimant que le président n’avait pas le pouvoir légal d’utiliser une loi d’urgence (IEEPA) pour taxer massivement les importations sans l’accord du Congrès.
Ce jugement a invalidé les mesures tarifaires jugées « réciproques », affectant des dizaines de pays, et a ouvert la possibilité de remboursements importants aux entreprises importatrices, bien que la procédure exacte reste incertaine.
La riposte de Washington : nouveaux droits de douane
Plutôt que d’abandonner sa politique, Donald Trump a annoncé une nouvelle stratégie tarifaire, un décret établissant un nouveau droit de douane mondial de 10%, prévu pour entrer en vigueur fin février 2026.
Puis, quelques heures plus tard, il a porté ce taux à 15% « avec effet immédiat », en s’appuyant sur une autre loi commerciale — la section 122 du Trade Act de 1974 — qui permet au président d’imposer temporairement des surtaxes sans vote du Congrès.
Cette hausse s’applique à tous les pays exportateurs vers les États-Unis, même ceux ayant des accords commerciaux existants comme l’Union européenne, le Japon, ou la Corée du Sud.
Réactions mondiales et conséquences économiques
La décision judiciaire et la réaction de Washington ont suscité des inquiétudes internationales. L’Union européenne a appelé les États-Unis à respecter les accords commerciaux existants et a menacé de répliquer si les nouveaux tarifs créent des distorsions injustes.
Les marchés financiers ont réagi de manière mitigée : la levée de certaines anciennes taxes a été saluée, mais la perspective de nouveaux tarifs a maintenu une forte incertitude économique.
Certains pays exportateurs, comme la Chine ou la Brésil, pourraient bénéficier du changement de structure tarifaire, tandis que d’autres alliés pourraient perdre des avantages commerciaux.
De bon augure pour la Tunisie ?
Depuis le 7 août 2025, les États-Unis ont imposé une surtaxe douanière de 25% sur de nombreuses importations en provenance de Tunisie, dans le cadre d’une politique de réciprocité commerciale. Cette mesure cible notamment des produits clés comme l’huile d’olive et les dattes, menaçant la compétitivité des exportations tunisiennes, bien que des négociations soient en cours pour atténuer ces taux.
Mais depuis l’entrée en vigueur de ces nouvelles taxes, la Tunisie poursuit ces négociations avec les Etats-Unis afin de les réviser à la baisse. Le ministre des Affaires Etrangères, Mohamed Ali Nafti a, dans ce contexte, reçu, en janvier dernier, Massad Boulos, haut conseiller du président américain Donald Trump, pour les affaires du Moyen-Orient, du monde arabe et de l’Afrique.
A cette occasion, Nafti avait souligné l’importance de parvenir à la conclusion d’un accord commercial bilatéral permettant la révision des droits de douane imposés, afin d’assurer la continuité des exportations des principaux produits tunisiens vers le marché américain, en particulier l’huile d’olive.
Cette « affaire des droits de douane américains » est, à première vue, bénéfique à la Tunisie sachant que les Etats-Unis absorbent près de 26% des exportations d’huile d’olive conditionnée.
Que signifie tout cela concrètement ?
L’affaire des droits de douane américains n’est pas seulement un litige juridique : elle influence le commerce mondial, les prix à la consommation, et les stratégies d’entreprise. La Cour suprême a limité l’autorité présidentielle en matière commerciale, réaffirmant le rôle central du Congrès.
Toutefois, l’administration américaine cherche à contourner ce verdict avec de nouvelles bases légales, maintenant des tarifs élevés.
L’incertitude tarifaire pèse sur les entreprises, les chaînes d’approvisionnement, et les négociations internationales, notamment avec l’UE, l’Asie et l’Amérique latine.