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Oscars 2026 – Motaz Malhees, un acteur de « La Voix de Hind Rajab », interdit d’assister à la cérémonie

par Neïla DRISS
samedi 14 mars 2026 15:56
dans Culture
Motaz Malhees interdit d’assister à la cérémonie



À quelques heures de la cérémonie des Oscars du dimanche 15 mars 2026 à Los Angeles, une absence s’est imposée comme l’un des symboles les plus troublants de cette édition. Motaz Malhees, l’un des interprètes de La Voix de Hind Rajab, ne pourra pas assister à la cérémonie alors même que le film de Kaouther Ben Hania est nommé à l’Oscar du meilleur film international. L’acteur palestinien a expliqué qu’il n’était pas autorisé à entrer aux États-Unis en raison de sa citoyenneté palestinienne et des restrictions américaines visant les documents de voyage délivrés ou approuvés par l’Autorité palestinienne.

Le cas est d’autant plus marquant que La Voix de Hind Rajab n’est pas un film anodin dans cette saison des prix. Réalisé par la cinéaste tunisienne Kaouther Ben Hania, le long métrage revient sur l’histoire de Hind Rajab, la petite fille palestinienne tuée à Gaza en janvier 2024 par des tirs israéliens, après avoir été piégée dans une voiture avec plusieurs membres de sa famille déjà tués autour d’elle dans la même attaque. Le film retrace aussi la mort de deux ambulanciers venus tenter de la secourir, eux aussi tués par des tirs israéliens alors qu’ils s’approchaient du véhicule pour porter secours à l’enfant. Le film, qui avait déjà bouleversé la Mostra de Venise en septembre 2025, y a remporté le Grand Prix du Jury, soit le Lion d’argent.

Dans ce contexte, l’empêchement de Motaz Malhees ne relève pas seulement d’un contretemps administratif. Il frappe un acteur directement associé à un film qui porte, précisément, une parole palestinienne dans l’un des espaces médiatiques les plus visibles du cinéma mondial. Selon Entertainment Weekly, Malhees a résumé lui-même la situation en une formule qui a été très reprise : on peut bloquer un passeport, pas une voix. Reuters précise de son côté qu’il a dit sur Instagram que cette absence lui faisait mal, tout en affirmant que son identité palestinienne restait pour lui une source de dignité et de fierté. La circulation rapide de cette phrase dans la presse anglophone et sur les réseaux a transformé son empêchement en message politique autant qu’en fait d’actualité culturelle.

Ce qui rend l’affaire encore plus parlante, c’est qu’elle repose sur un dispositif officiel clairement identifié. La Maison-Blanche a publié le 16 décembre 2025 une proclamation renforçant les restrictions d’entrée sur le territoire américain. Le document, ainsi que la fiche explicative publiée le même jour, précisent que les personnes voyageant avec des documents émis par l’Autorité palestinienne sont désormais soumises à des restrictions complètes d’entrée. Le département d’État américain a ensuite confirmé que cette mesure était entrée en vigueur le 1er janvier 2026 à 00 h 01, avec suspension de délivrance de visas dans la plupart des catégories, sous exceptions limitées. Le cas de Motaz Malhees ne relève donc pas d’un incident isolé ou opaque : il découle d’une politique annoncée et appliquée officiellement.

L’histoire devient encore plus douloureuse quand on la replace dans la trajectoire du film lui-même. La Voix de Hind Rajab est pensé par ses soutiens comme un film capable de faire entendre, au cœur du système hollywoodien, l’histoire d’un enfant de Gaza réduit trop souvent à une statistique parmi d’autres. La productrice Odessa Rae expliquait que les Oscars représentaient, pour le film, l’une des plus grandes plateformes possibles. Dans le même esprit, des cinéastes palestiniens présents à Gaza affirmaient espérer que cette reconnaissance permette au moins de briser une part de l’indifférence internationale. Autrement dit, au moment même où le film atteint la scène la plus exposée de l’industrie, l’un de ses visages palestiniens est empêché d’y être physiquement présent.

Cette contradiction prend d’autant plus de relief que l’histoire de Hind Rajab, son appel aux secours, l’attente, puis la découverte du véhicule criblé d’impacts, ont bouleversé bien au-delà du seul cercle des festivals. Le film de Kaouther Ben Hania ne raconte pas une tragédie abstraite, mais un drame parfaitement identifié, documenté, situé, dont les responsables sont nommés. C’est aussi ce qui donne à l’absence de Motaz Malhees un poids particulier : elle ne concerne pas seulement un acteur empêché de voyager, mais l’un des visages d’un film qui rappelle frontalement la violence de la guerre contre les Palestiniens et la manière dont des civils, y compris des enfants et des secouristes, ont été tués.

Les réactions suscitées par cette absence ont surtout pris la forme d’une indignation diffuse mais nette. Entertainment Weekly parle d’un tollé et de préoccupations plus larges autour de la liberté d’expression et de l’accès des artistes aux grandes scènes culturelles. Reuters inscrit aussi cette affaire dans un contexte plus général de pression exercée aux États-Unis sur des voix palestiniennes ou pro-palestiniennes. Il ne semble pas, à ce stade, qu’une réponse officielle de l’Academy ait été publiée sur ce cas précis, mais dans l’espace médiatique, l’histoire a immédiatement dépassé le cadre du tapis rouge pour devenir un symptôme : celui d’un moment où la circulation des artistes est elle aussi affectée par le climat politique.

Cette situation a d’autant plus frappé les observateurs qu’elle intervient dans une industrie qui aime se présenter comme l’une des plus internationales du monde culturel. Hollywood célèbre chaque année des films venus de tous les continents, et la catégorie du meilleur film international est précisément pensée comme un espace de reconnaissance mondiale. Pourtant, l’histoire de Motaz Malhees montre qu’entre la circulation des œuvres et celle des artistes qui les incarnent, l’écart peut rester immense.

Cette contradiction rappelle aussi que l’histoire des Oscars est ponctuée d’épisodes où les réalités politiques viennent brusquement rappeler leurs droits. En 2017, le réalisateur iranien Asghar Farhadi avait décidé de ne pas se rendre à la cérémonie pour protester contre le décret migratoire de Donald Trump visant plusieurs pays majoritairement musulmans. Son film Le Client avait remporté l’Oscar du meilleur film étranger, mais Farhadi avait choisi de boycotter la cérémonie pour dénoncer ce qu’il considérait comme une mesure discriminatoire. Deux ans plus tard, en 2019, l’acteur mexicain Jorge Antonio Guerrero, qui incarnait Fermín dans Roma d’Alfonso Cuarón, avait lui aussi vu sa présence compromise après plusieurs refus de visa. Ces précédents sont différents dans leurs causes exactes, mais ils rappellent la même réalité : le prestige des Oscars ne suspend pas les logiques de frontière, et l’universalité proclamée du cinéma se heurte régulièrement aux politiques migratoires.

Dans le cas de Motaz Malhees, l’ironie est particulièrement forte. La Voix de Hind Rajab s’est imposé depuis Venise comme l’un des films les plus commentés de la saison, précisément parce qu’il redonne un nom, une voix et un visage à une tragédie que beaucoup d’images de guerre finissent par anonymiser. Plusieurs films palestiniens ou centrés sur des destins palestiniens participent cette année à recentrer le regard sur des histoires humaines. Le fait qu’un acteur palestinien d’un film aussi visible ne puisse pas se rendre à la cérémonie ne constitue donc pas seulement une anecdote de saison des prix. Cela devient une extension presque brutale du sujet même du film : qui a le droit d’être vu, entendu, déplacé, représenté, et à quelles conditions.

Au fond, cette absence forcée dit quelque chose de plus large sur l’époque. Hollywood aime se présenter comme un lieu d’ouverture mondiale, de célébration des cinémas venus de partout, de mise en lumière des récits oubliés. Mais lorsqu’un film palestinien arrive jusqu’aux Oscars et que l’un de ses acteurs se voit empêché avant même d’avoir atteint Los Angeles, c’est toute cette promesse d’universalité qui se fissure. L’histoire de Motaz Malhees rappelle alors qu’un film peut traverser les frontières plus facilement que ceux qui lui donnent chair.

Ce malaise n’est pas entièrement nouveau. Un an plus tôt, en mars 2025, une autre affaire avait déjà suscité un débat intense dans le monde du cinéma international et au sein même de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences. Le réalisateur palestinien Hamdan Ballal, coréalisateur du documentaire oscarisé No Other Land, avait été violemment agressé en Cisjordanie par des colons israéliens avant d’être arrêté par l’armée israélienne. L’incident, survenu dans le village de Susiya, avait été largement rapporté par la presse internationale et par plusieurs organisations de défense des droits humains. Ballal avait raconté plus tard avoir craint pour sa vie lors de l’attaque.

L’événement avait provoqué une onde de choc dans le milieu du cinéma. No Other Land, documentaire consacré à la situation des Palestiniens en Cisjordanie occupée et lauréat de l’Oscar du meilleur long métrage documentaire, circulait déjà dans de nombreux festivals internationaux et bénéficiait d’une forte visibilité dans les circuits cinéphiles et militants. Pour beaucoup de professionnels du secteur, l’agression de l’un de ses réalisateurs ne pouvait pas être traitée comme un simple fait divers. Plusieurs cinéastes, acteurs et producteurs avaient alors appelé l’Academy à réagir publiquement pour condamner l’attaque et exprimer son soutien au réalisateur.

La première réaction de l’institution avait toutefois été jugée trop prudente. L’Academy avait publié une déclaration condamnant la violence contre les artistes de manière générale, mais sans mentionner explicitement le nom de Hamdan Ballal. Cette formulation avait suscité un malaise chez de nombreux membres de l’organisation, qui estimaient qu’une institution représentant la plus prestigieuse cérémonie du cinéma mondial ne pouvait pas rester aussi vague face à une agression visant directement un cinéaste dont le travail circulait dans l’écosystème international des festivals et des récompenses.

La polémique avait rapidement pris de l’ampleur. Plus de six cents membres de l’Academy avaient signé une lettre ouverte dénonçant cette réaction jugée insuffisante et appelant l’institution à défendre plus clairement le réalisateur palestinien. Sous la pression de cette mobilisation interne, l’Academy avait finalement présenté des excuses et reconnu que sa première déclaration n’avait pas exprimé de manière suffisamment explicite son soutien à Hamdan Ballal.

Le souvenir de cet épisode éclaire aujourd’hui la situation de Motaz Malhees sous un jour particulier. Dans les deux cas, ce ne sont pas seulement les événements eux-mêmes qui ont suscité des réactions, mais aussi la manière dont l’Academy a choisi — ou non — de s’exprimer publiquement. En 2025, il avait fallu la mobilisation de centaines de ses membres pour pousser l’institution à nommer explicitement un réalisateur palestinien agressé. En 2026, l’impossibilité pour un acteur palestinien d’un film nommé aux Oscars d’assister à la cérémonie relance les mêmes interrogations sur la capacité de l’organisation à défendre publiquement les artistes qu’elle célèbre.

Le rapprochement entre les deux affaires est d’autant plus frappant que, dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’artistes palestiniens liés à des films ayant acquis une visibilité internationale majeure. Hamdan Ballal avait été agressé après que No Other Land s’était imposé dans les circuits festivaliers et documentaires. Motaz Malhees, lui, se voit tenu à l’écart au moment où La Voix de Hind Rajab atteint la scène la plus médiatisée de l’industrie américaine. Dans les deux situations, une même critique refait surface : l’Academy célèbre volontiers les œuvres, mais paraît beaucoup plus hésitante lorsqu’il s’agit de défendre, avec la même netteté, les artistes palestiniens qui les portent lorsqu’ils sont confrontés à la violence ou à des décisions politiques.

L’affaire Motaz Malhees dépasse ainsi largement la question d’un simple visa refusé. Elle s’inscrit dans une séquence plus longue où des artistes palestiniens, même lorsqu’ils se trouvent au cœur de la saison des Oscars, se heurtent à des obstacles majeurs tandis que l’Academy est accusée, une nouvelle fois, de rester en retrait. L’institution célèbre les œuvres, mais lorsqu’il s’agit de défendre concrètement ceux qui les incarnent, son silence, sa prudence ou sa réserve deviennent eux aussi un sujet.

Ainsi, au moment où La Voix de Hind Rajab porte jusque sur la scène des Oscars le nom d’une enfant palestinienne tuée avec des membres de sa famille par des tirs israéliens à Gaza, l’un des acteurs qui contribuent à faire entendre cette histoire reste, lui aussi, tenu à distance. L’image est frappante : un film peut traverser les frontières et atteindre Hollywood, mais ceux qui lui donnent un visage et une voix ne bénéficient pas toujours de la même liberté de mouvement. Pour beaucoup d’observateurs, c’est peut-être là que se révèle la véritable contradiction de cette affaire — et la question qu’elle laisse en suspens pour l’industrie du cinéma.

Neïla Driss

Tags: FilmLa voix de Hind RajabMotaz MalheesOscars 2026

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