Un court métrage de moins de dix minutes, entièrement conçu à l’aide d’outils d’intelligence artificielle, a permis à un jeune créateur tunisien de décrocher l’un des prix les plus prestigieux et les mieux dotés au monde dans le domaine du cinéma numérique. Le réalisateur Zoubeir Jlassi a remporté un million de dollars, soit près de 3 millions de dinars tunisiens, lors du 1 Billion Followers Summit organisé à Dubaï, grâce à son film intitulé Lily.
Ce succès illustre l’émergence d’un nouveau modèle de création audiovisuelle, où l’IA devient un véritable levier d’innovation et d’accès aux marchés internationaux.
Lily est un court métrage narratif d’environ 9 minutes, présenté dans la catégorie des films réalisés majoritairement à l’aide de l’intelligence artificielle. L’œuvre a été sélectionnée parmi près de 3 500 candidatures issues de plus de 100 pays, avant de franchir plusieurs étapes de sélection jusqu’à décrocher le premier prix mondial.
La compétition, organisée dans le cadre du 1 Billion Followers Summit, est considérée comme la plus importante au monde dans le domaine des contenus numériques et créatifs intégrant l’IA, tant par son rayonnement que par le montant de la récompense.
Une production dominée par l’intelligence artificielle
Le règlement du concours imposait une contrainte technique claire : au moins 70 % du film devait être produit à l’aide d’outils d’intelligence artificielle, principalement issus de l’écosystème Google.
Dans le cas de Lily, plusieurs technologies IA ont été mobilisées :
- Google Gemini, utilisé comme plateforme centrale d’IA multimodale.
- Veo, dédié à la génération de séquences vidéo.
- Imagen, spécialisé dans la création d’images à partir de descriptions textuelles.
- Flow, utilisé pour l’animation et la génération de scènes dynamiques.
Ces outils ont permis de générer les décors, les ambiances visuelles, les transitions et une grande partie des séquences narratives, réduisant considérablement le recours aux moyens traditionnels de production cinématographique.
Selon les informations disponibles, le film a été réalisé en environ un mois, un délai particulièrement court comparé aux standards classiques du cinéma. L’IA a permis :
- de limiter les coûts liés au tournage, aux décors et aux équipements,
- de raccourcir les phases de production et de post-production,
- d’expérimenter rapidement plusieurs versions de scènes et de narrations.
Cette approche démontre comment l’IA peut démocratiser l’accès à la création audiovisuelle, notamment pour de jeunes talents issus de pays où les financements cinématographiques restent limités.
Une évaluation technique rigoureuse
La sélection des films ne reposait pas uniquement sur l’aspect créatif. Les organisateurs ont mis en place un système de vérification technique, incluant des outils d’IA capables d’analyser le niveau réel d’intégration de l’intelligence artificielle dans chaque œuvre.
Le processus s’est déroulé en plusieurs phases :
- présélection automatisée,
- short-list d’une centaine de films,
- sélection finale de 12 œuvres soumises au vote,
- désignation de cinq finalistes,
- choix du lauréat par un jury spécialisé.
Lily s’est distingué à la fois par la qualité de son rendu visuel et par la maîtrise du storytelling dans un cadre technologique innovant.
Un signal fort pour la création tunisienne
Au-delà de la récompense financière, estimée à près de 3 millions de dinars, ce succès envoie un message fort : la Tunisie peut s’imposer sur la scène mondiale des industries créatives numériques, à condition de miser sur les nouvelles technologies et les compétences émergentes.
Le parcours de Zoubeir Jlassi montre que l’intelligence artificielle n’est pas seulement un outil technique, mais un accélérateur d’opportunités, capable de transformer une idée créative en succès international, sans passer par les circuits traditionnels du cinéma.
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