Les grands-parents de Santina Bertuglia sont arrivés en Tunisie au début du vingtième siècle. Luciano Bertuglia et son épouse Domenica Monaco sont venus de Mazara del Vallo, avec leur fille aînée Maria.
Le couple aura trois autres filles : Pierina, Vicina et Antonieta, la mère de Santina qui elle, est née pendant la Deuxième guerre mondiale, alors que la Campagne de Tunisie battait son plein.
Mariée avec Mohamed Chargui, Antonieta a vécu à la Kasbah pendant une dizaine d’années puis la famille a déménagé pour habiter à Montplaisir. C’est dans ce quartier que sont nés Ferid, Noureddine et Leïla, les frères et la sœur de Santina. Quatre autres enfants naîtront à Mazara del Vallo : Luciano, Hanna, Patrizia et Mariouma.
Santina qui réside aujourd’hui à Trieste, n’a pas eu une vie facile. « Je me suis toujours relevée » confesse-t-elle en se souvenant qu’elle n’a pas étudié et a toujours eu la force de se consacrer à la famille.
Santina est cuisinière. Elle a appris ce métier auprès des sœurs inspirées par le chemin de foi d’Émilie de Vialar. Elle a longtemps travaillé dans une école et aussi comme bénévole dans des colonies de vacances.
En 1962, Santina épouse un Italien et le suit à Trieste où ses frères et sœurs l’ont accompagnée. Âgée alors d’une vingtaine d’années, elle fera sa vie dans cette ville lointaine tout en gardant dans son cœur la Tunisie, son pays natal.
Aujourd’hui, Santina passe le temps en tricotant pour les migrants. « J’étais comme eux, j’ai eu faim et soif comme eux » dit-elle en ajoutant « Sono una Tunisina ». Entre Mazara del Vallo dont elle porte une étincelle et Trieste où elle vit désormais, Santina Bertuglia n’oublie jamais Tunis, ville de son cœur et repère inébranlable.
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