Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, lundi 1er juin, au palais de Carthage, Crispin Mbadu Phanzu, ministre délégué congolais chargé de la Francophonie et de la diaspora, porteur d’un message écrit du président Félix Tshisekedi.
La rencontre s’est tenue en présence de Juliana Amato Lumumba, fille de Patrice Lumumba, figure majeure de l’indépendance congolaise, dont la visite en Tunisie, en 1960, demeure l’un des symboles des liens tissés entre Tunis et les mouvements de libération africains.
De Lumumba à Carthage, une mémoire africaine
Selon la présidence tunisienne, Kaïs Saïed a rappelé plusieurs épisodes historiques ayant lié la Tunisie à la République démocratique du Congo, dont la participation de militaires tunisiens aux missions de maintien de la paix des Nations unies dans la région du Katanga.
Cette référence dépasse le simple rappel diplomatique. Elle replace la Tunisie dans une histoire africaine marquée par les indépendances, les luttes anticoloniales et l’ambition, alors portée par plusieurs dirigeants du continent, de bâtir une souveraineté collective.
Le rêve panafricain face au désenchantement
Le chef de l’État a estimé que le rêve des pères fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine était de réaliser l’unité entre les États libérés du colonialisme.
Mais ce rêve, selon lui, s’est transformé en « mirage », malgré les ressources considérables du continent africain. Une formule qui résonne comme un constat d’échec, mais aussi comme une critique implicite d’un ordre international où l’Afrique reste souvent riche de ses matières premières et pauvre de sa capacité à peser sur son destin.
Dans la continuité de ce propos, Kaïs Saïed a affirmé que le monde avait besoin d’une pensée nouvelle, fondée sur la justice et la liberté, loin des égalités formelles et des hiérarchies établies entre peuples et nations.
Le président a conclu sur une idée centrale : les peuples africains doivent participer à l’écriture d’une nouvelle histoire, plutôt que d’en demeurer les victimes.
Lire aussi: