Le bâtonnier de l’Ordre national des avocats de Tunisie, Boubaker Ben Thabet, a affirmé mardi 19 mai 2026 que les actions engagées par la profession depuis le 18 mai et prévues jusqu’au 18 juin 2026 découlent, selon lui, de l’absence de prise en compte des revendications du barreau. Il a réaffirmé que cette mobilisation est « légale » et que les avocats restent ouverts au dialogue avec les autorités.
Une mobilisation justifiée par les revendications professionnelles
Lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’Ordre, Boubaker Ben Thabet a expliqué que les actions décidées par le Conseil de l’ONAT le 13 mai — incluant grèves régionales, port du brassard rouge et mouvement de protestation — visent à défendre des revendications professionnelles liées à la réforme et à la modernisation du système judiciaire, rapporte l’Agence TAP.
Il a rappelé qu’une note écrite contenant ces demandes avait été adressée au ministère de la Justice le 23 janvier 2026, portant notamment sur la réforme du cadre législatif régissant la profession et ses textes d’application.
« Pas une démonstration de force », selon le bâtonnier
Le bâtonnier a insisté sur le caractère non conflictuel de la mobilisation, affirmant qu’elle ne constitue ni une démonstration de force ni une entrave au fonctionnement du service judiciaire. Selon lui, ces actions sont destinées à attirer l’attention sur les dysfonctionnements affectant le traitement des affaires au sein des tribunaux.
Il a également souligné l’existence d’un intérêt public commun entre le ministère de la Justice et les avocats, appelant à une coopération pour parvenir à des solutions consensuelles.
Tensions autour du fonctionnement de la justice
Réagissant au communiqué du ministère de la Justice affirmant que les mouvements de protestation n’auront aucun impact sur le fonctionnement des tribunaux, Ben Thabet a estimé que le traitement des affaires pendantes est déjà affecté par les dysfonctionnements judiciaires.
Le bâtonnier est également revenu sur le recours introduit par le procureur général de la Cour d’appel de Tunis concernant les modalités de l’assemblée générale exceptionnelle du barreau tenue le 1er mai 2026. Il a précisé que, dans le cas des assemblées extraordinaires, une seconde réunion peut être organisée si le quorum n’est pas atteint, dans un délai allant de 15 jours à un mois, ajoutant que la réunion du 1er mai pourrait être considérée comme une assemblée consultative.
Une audience est prévue le 10 juin pour examiner ce recours.