Le débat autour de l’externalisation de la politique migratoire européenne refait surface. Dans un récent article, le quotidien britannique The Guardian révèle que plusieurs pays européens soutiennent désormais l’idée de transférer des migrants déboutés du droit d’asile vers des « hubs » ou centres situés dans des pays tiers.
Selon le journal, cette approche a été discutée lors d’une réunion du Conseil de l’Europe tenue en Moldavie. Le texte adopté par plusieurs dizaines de pays européens évoque la possibilité de créer des centres de retour hors de l’Union européenne, y compris en Tunisie, pour accueillir des migrants en situation irrégulière ou des demandeurs d’asile rejetés.
La Tunisie régulièrement évoquée
Même si la Tunisie n’est pas officiellement désignée comme futur pays d’accueil, le pays est régulièrement cité dans les discussions européennes sur l’externalisation migratoire, au même titre que l’Albanie, le Rwanda, la Libye ou encore certains pays des Balkans.
Ces dernières années, Tunis a déjà été associé à plusieurs projets ou scénarios européens visant à limiter les arrivées de migrants vers les côtes italiennes. L’accord migratoire conclu en 2023 entre l’Union européenne et la Tunisie avait notamment renforcé la coopération sécuritaire et financière autour du contrôle des frontières et des départs clandestins.
D’autres pays également sollicités
Le modèle des « pays tiers » ne concerne toutefois pas uniquement la Tunisie. The Guardian rappelle que plusieurs gouvernements européens explorent différentes pistes avec des États non membres de l’Union européenne. L’Italie a déjà tenté une expérience avec l’Albanie pour y transférer certains migrants secourus en Méditerranée.
Lire aussi : Externalisation migratoire : L’Europe approuve des « hubs de retour » hors de ses frontières
Le Royaume-Uni avait auparavant porté le controversé projet Rwanda, finalement bloqué après des batailles judiciaires et politiques.
Un sujet très controversé en Tunisie
En Tunisie, cette question demeure extrêmement sensible et polémique. Plusieurs organisations tunisiennes et internationales de défense des droits humains dénoncent régulièrement le risque de voir le pays devenir une plateforme de rétention ou de refoulement pour migrants destinés à l’Europe.
Des ONG accusent également l’Union européenne de transférer progressivement la gestion migratoire vers des pays du sud de la Méditerranée, sans garanties suffisantes concernant les droits fondamentaux des migrants.
De leur côté, les autorités tunisiennes ont à plusieurs reprises affirmé que la Tunisie ne serait ni un pays d’installation ni une terre de substitution pour les migrants irréguliers cherchant à rejoindre l’Europe.
Le sujet continue ainsi d’alimenter un vif débat politique, médiatique et diplomatique, alors que l’Europe durcit progressivement sa politique migratoire face à la pression croissante des arrivées clandestines en Méditerranée.

