Dans un contexte international marqué par de nouvelles tensions géopolitiques et une hausse persistante des coûts de plusieurs produits de consommation, le gouvernement tente de resserrer les rangs avec les acteurs économiques afin de limiter l’impact sur le pouvoir d’achat des ménages.
C’est dans cette optique que le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a réuni mercredi des représentants du secteur privé, des industriels, des producteurs ainsi que des grandes surfaces commerciales pour examiner la situation des prix et les mécanismes permettant de mieux les maîtriser.
Un « contexte exceptionnel »
Selon un communiqué du ministère, cette réunion intervient dans un « contexte exceptionnel » marqué par des mutations géopolitiques ayant des répercussions directes sur les marchés internationaux et sur les prix de plusieurs produits de consommation courante. Les produits d’hygiène et de nettoyage, certains articles liés à la santé corporelle ainsi que plusieurs denrées alimentaires figurent parmi les catégories les plus touchées par les hausses.
Le ministère insiste sur la nécessité d’une approche « participative » entre l’État et le secteur privé afin d’éviter une nouvelle flambée des prix sur le marché local. L’objectif affiché est double : préserver la compétitivité du tissu industriel tunisien tout en protégeant le panier du consommateur.
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Au-delà du simple constat, les discussions ont également porté sur des orientations économiques plus larges. Les participants se sont accordés sur la nécessité de renforcer la production locale, soutenir les petites et moyennes entreprises et limiter autant que possible les importations jugées non essentielles. Une orientation qui traduit la volonté des autorités de réduire la pression sur les réserves en devises tout en encourageant la consommation de produits fabriqués en Tunisie.
Sensibilité croissante autour des prix
Cette réunion intervient alors que la Tunisie fait face depuis plusieurs mois à une sensibilité croissante autour des prix des produits de grande consommation. Malgré un ralentissement relatif de l’inflation comparé aux pics enregistrés ces dernières années, de nombreux ménages continuent de subir l’érosion du pouvoir d’achat, notamment sur les produits alimentaires et les dépenses quotidiennes.
Le gouvernement mise également sur les exportations à forte valeur ajoutée pour soutenir l’activité économique et générer davantage de recettes en devises. Mais sur le terrain, la question reste entière : les engagements pris avec les professionnels suffiront-ils à contenir durablement la hausse des prix dans un environnement mondial encore instable ?