Après des mois de tensions et de gel quasi total des échanges entre le gouvernement et l’UGTT, un léger mouvement semble s’opérer entre les deux parties. La récente correspondance adressée par la ministre des Finances au secrétaire général de l’UGTT, Slaheddine Selmi, autour du projet de loi de finances 2027, apparaît comme un signal politique susceptible d’ouvrir la voie à une reprise du dialogue social.
Selon des informations rapportées par Mosaique FM, le ministère des Finances a sollicité l’avis de la centrale syndicale sur les grandes orientations du futur budget de l’État. Une démarche qui tranche avec la longue période de crispation ayant marqué les relations entre le pouvoir exécutif et l’organisation syndicale.
La réaction de l’UGTT n’a pas tardé
La réaction de l’UGTT n’a pas tardé. Le bureau exécutif national a décidé d’organiser, vendredi prochain au siège de la centrale, une journée d’étude consacrée au projet de loi de finances 2027. Cette rencontre sera supervisée par le département des études et de la documentation dirigé par Ahmed Jaziri, avec une table ronde animée par Karim Trabelsi et Monji Smaali autour des « grandes orientations du projet de loi de finances 2027 ».
Au-delà du contenu économique et budgétaire, c’est surtout la portée politique de cette initiative qui retient l’attention. Depuis plusieurs mois, les rapports entre le gouvernement et l’UGTT étaient marqués par une rupture du dialogue et une méfiance réciproque, sur fond de divergences autour des réformes économiques, des négociations salariales et de la place des corps intermédiaires dans la vie publique.
Cette ouverture intervient également dans un contexte particulier pour l’UGTT elle-même. La centrale syndicale sort d’une crise interne profonde qui a failli fragiliser durablement ses équilibres, avant l’organisation de son congrès national et l’élection d’une nouvelle direction. L’arrivée d’une nouvelle équipe dirigeante semble aujourd’hui favoriser une approche plus pragmatique vis-à-vis des autorités.
Eviter une nouvelle phase de confrontation
Du côté du pouvoir, cette consultation autour du budget 2027 pourrait traduire une volonté d’éviter une nouvelle phase de confrontation sociale, alors que la Tunisie reste confrontée à de fortes pressions économiques et financières. Le gouvernement sait que les prochaines réformes économiques risquent d’être sensibles socialement et qu’un minimum de concertation avec la principale organisation syndicale du pays pourrait contribuer à désamorcer certaines tensions.
Reste à savoir si cette correspondance constitue un simple geste technique lié à la préparation de la loi de finances ou le véritable début d’un dégel politique et social entre les deux parties. Pour l’heure, les signaux demeurent prudents, mais la reprise, même timide, des échanges entre le gouvernement et l’UGTT marque déjà une rupture avec des mois de silence et de blocage.
