La tendance n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une dynamique climatique plus large qui dépasse le cadre tunisien.
Selon les prévisions de l’Institut national de la météorologie, les températures entre mai et juillet devraient dépasser les normales saisonnières, avec un été annoncé comme particulièrement chaud. Les interventions de la climatologue Hager Dhaouadi et du géographe Zouheir Halloui convergent vers un même diagnostic : chaleur accrue, risque de vagues de chaleur et sensation de sécheresse, notamment en juillet et août.
Des observations globales
Ce signal local recoupe des observations globales. Depuis plusieurs années, les épisodes de chaleur extrême se multiplient sous l’effet du réchauffement climatique, mais aussi de phénomènes cycliques comme El Niño. Ce dernier correspond à un réchauffement anormal des eaux du Pacifique équatorial, perturbant les régimes climatiques à l’échelle mondiale.
Lors des précédents épisodes d’El Niño, notamment en 2015-2016 et 2023-2024, plusieurs régions ont connu des records de chaleur. En Inde, des températures supérieures à 45°C ont été enregistrées, accompagnées de vagues de chaleur prolongées. En Espagne et dans le sud de l’France, les étés récents ont été marqués par des pics thermiques précoces dès le mois de juin, avec des sols asséchés et des incendies de forêt plus fréquents. Même au Canada, des régions habituellement tempérées ont subi des anomalies de température inédites.
Le bassin méditerranéen considéré comme un « hotspot »
La Tunisie, située dans un bassin méditerranéen considéré comme un « hotspot » climatique, est particulièrement vulnérable à ces évolutions. L’augmentation des températures y est plus rapide que la moyenne mondiale, avec une intensification des périodes de sécheresse et une pression accrue sur les ressources hydriques.
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Ce qui se profile pour l’été 2026 ne relève donc pas uniquement d’une variabilité saisonnière classique. Il s’agit plutôt d’un croisement entre tendance structurelle (réchauffement global) et facteurs conjoncturels (comme El Niño), produisant des étés plus longs, plus chauds et plus éprouvants.
Dans ce contexte, les experts insistent implicitement sur un enjeu central : l’adaptation. Gestion de l’eau, prévention des incendies, aménagement urbain et protection des populations vulnérables deviennent des priorités face à une norme climatique en train de se redéfinir.