La ministre de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, Asma Jebri, a annoncé, lors d’une séance plénière à l’Assemblée des représentants du peuple, le lancement d’une révision du cahier des charges encadrant l’ouverture des jardins d’enfants. Objectif : mieux structurer le secteur, améliorer la qualité des services et renforcer les mécanismes de contrôle.
Cette réforme intervient dans un contexte marqué par des préoccupations croissantes autour de la sécurité et de la qualité de l’encadrement des enfants.
Réforme du cadre réglementaire et montée en qualité
Le nouveau cahier des charges, actuellement en préparation avec les différentes parties concernées, prévoit plusieurs ajustements majeurs. Il vise notamment à améliorer la prise en charge éducative, simplifier les procédures administratives et encourager l’investissement dans le secteur de la petite enfance.
Tout en rappelant que le texte de 2023 constitue un cadre légal unifié, la ministre a reconnu certaines lacunes, en particulier en matière de qualification des cadres éducatifs. Pour y remédier, un programme de formation a été lancé au profit de près de 4000 professionnels, en partenariat avec le ministère de l’Emploi.
Par ailleurs, de nouvelles dispositions imposent désormais aux promoteurs et encadrants de disposer de diplômes spécialisés dans le domaine de l’enfance, renforçant ainsi les exigences de qualification.
Lutte contre la violence et prévention des risques
Face aux cas signalés de violence dans certains établissements, le ministère adopte une approche préventive à travers des campagnes de sensibilisation ciblant les enfants et leurs familles. Ces actions couvrent notamment les risques liés au harcèlement et aux comportements dangereux.
Un guide de procédures pour l’intervention urgente a également été élaboré. Il définit les étapes de signalement, d’intervention et de protection des enfants, tout en appelant à une mobilisation collective pour signaler rapidement tout dépassement.
Dans ce cadre, un programme de « sécurité numérique » a été mis en place afin de sensibiliser aux dangers liés à l’usage non sécurisé d’Internet.
Recrutements et développement des infrastructures
Sur le plan des ressources humaines, 359 éducateurs ont été recrutés dans le secteur public depuis 2019, dont 47 en 2025. Le ministère a également renforcé les équipes avec le recrutement de psychologues, techniciens et enseignants, ainsi que la régularisation de travailleurs précaires.
Pour l’année à venir, 50 animateurs supplémentaires seront intégrés dans les jardins d’enfants, tandis que 120 enseignants ont été titularisés dans les secteurs de la jeunesse et de l’enfance.
Enfin, pour répondre au déficit d’infrastructures dans certaines régions de la Tunisie, plusieurs projets sont en préparation, dont la création d’un complexe de l’enfance à Menzel Bouzelfa. D’autres initiatives similaires sont envisagées, notamment dans le gouvernorat de Béja, afin de renforcer l’offre et améliorer l’accès aux services dédiés à la petite enfance.