Le directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, Didier Leschi, a détaillé les nouvelles règles encadrant la migration circulaire entre la Tunisie et la France. Objectif : organiser une mobilité professionnelle temporaire, strictement encadrée, tout en renforçant le contrôle des flux migratoires. Cette approche s’inscrit dans une stratégie plus large de coopération bilatérale.
Une migration encadrée et temporaire
Le principe de la migration circulaire repose sur un schéma clair : permettre à des travailleurs tunisiens d’exercer en France pour une durée déterminée, avant de retourner dans leur pays d’origine. Cette logique vise à éviter l’installation durable et à favoriser un transfert de compétences.
Dans une interview accordée à l’agence TAP, Didier Leschi, a souligné qu’il ne s’agit pas d’une immigration classique mais d’un système « gagnant-gagnant », où les travailleurs acquièrent une expérience professionnelle valorisable en Tunisie, sans alimenter la fuite des talents.
2500 travailleurs tunisiens concernés
Dans ce cadre, près de 2500 Tunisiens devraient être accueillis en France d’ici 2029, notamment via le programme THAMM+.
Les secteurs ciblés correspondent aux tensions du marché du travail français : agriculture, industrie, transport, aide à la personne et restauration.
En parallèle, les autorités françaises insistent sur la nécessité de privilégier les voies légales, alors que plus de 20.000 titres de séjour ont déjà été accordés à des Tunisiens en 2025.
Une condition clé : le retour au pays
Le cœur du dispositif reste la notion de « circularité » : les bénéficiaires doivent impérativement retourner en Tunisie à l’issue de leur contrat. Ce retour conditionne la pérennité du programme et son élargissement.
Les autorités françaises attendent également une coopération accrue de la Tunisie pour faciliter le retour des personnes en situation irrégulière, un point devenu central dans les discussions bilatérales.
Ce mécanisme répond à un double impératif : combler les pénuries de main-d’œuvre en France tout en gardant un contrôle strict sur l’immigration. Il reflète aussi un équilibre délicat entre ouverture économique et fermeté politique.