Le gouvernorat de Jendouba enregistre une situation hydrique exceptionnelle, avec la majorité de ses barrages arrivés à leur capacité maximale après plusieurs semaines de fortes pluies. Cette évolution relance les perspectives agricoles tout en posant la question de la gestion des excédents d’eau.
Un remplissage total inédit depuis des années
Les récentes précipitations ont profondément inversé la tendance dans cette région stratégique du nord-ouest tunisien. Selon les données relayées localement, la majorité des barrages ont atteint leur capacité maximale, traduisant un retour massif des ressources hydriques.
Parmi les ouvrages les plus sollicités, le barrage de Beni M’tir a dû faire l’objet de plusieurs opérations de délestage en raison de l’afflux important des eaux, a indiqué le président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche de Jendouba, Lotfi Jammazi, hier sur les ondes de Diwan fm. Une situation devenue rare, après des années marquées par un déficit hydrique chronique.
Des scènes comme le déclenchement des sirènes d’alerte avant les lâchers d’eau, largement relayées ces derniers jours, illustrent l’ampleur de cet épisode pluvieux.
Des mesures d’urgence pour éviter la surcharge
Face à des barrages saturés, les autorités ont dû procéder à des opérations de régulation, notamment des lâchers contrôlés pour prévenir tout risque lié à une surcharge des infrastructures.
Ces interventions concernent plusieurs ouvrages hydrauliques de la région, dans un contexte où les apports en eau restent soutenus. Des opérations similaires avaient déjà été déclenchées récemment, notamment pour maintenir un équilibre entre stockage et sécurité.
Cette gestion en temps réel souligne la nécessité d’adapter les capacités de stockage aux épisodes climatiques extrêmes, désormais plus fréquents.
Une bouffée d’oxygène pour l’agriculture… après des années de crise
L’amélioration actuelle des réserves en eau constitue une bonne nouvelle pour le secteur agricole, particulièrement affecté ces dernières années par la sécheresse.
Les déficits hydriques successifs avaient entraîné une baisse significative de la productivité dans plusieurs zones agricoles du nord-ouest. Le retour à des niveaux de remplissage élevés ouvre désormais des perspectives plus favorables pour les campagnes à venir .
Un signal positif, mais des défis persistants
Si cette situation marque un net répit, elle met aussi en lumière un enjeu structurel : la gestion optimale des ressources hydriques.
Entre périodes de pénurie et épisodes de surplus, la Tunisie reste confrontée à une variabilité climatique accrue. Le défi consiste désormais à mieux capter, stocker et redistribuer ces volumes pour éviter à la fois le gaspillage et les risques liés aux crues.
Dans une région comme Jendouba, parmi les plus arrosées du pays, cet épisode confirme à la fois son rôle stratégique dans la sécurité hydrique nationale… et les limites actuelles des infrastructures face aux extrêmes climatiques.