Les échanges commerciaux entre la Tunisie et l’Italie ont atteint 1,57 milliard d’euros au premier trimestre 2026, selon les données de l’Institut national de la statistique relayées par l’agence AGI. Une progression qui marque un retour de la dynamique entre les deux pays. Mais cette hausse pose une question : s’agit-il d’un véritable tournant pour le commerce tunisien… ou simplement d’un rebond dans un modèle qui, lui, n’a pas changé ?
Une relation commerciale en reprise
Au premier trimestre 2026, les échanges bilatéraux entre la Tunisie et l’Italie ont atteint 5,354 milliards de dinars.
Dans le détail, les importations tunisiennes depuis l’Italie ont progressé de 14%, à 2,506 milliards de dinars, tandis que les exportations tunisiennes vers ce pays ont augmenté de 4%, pour atteindre 2,847 milliards de dinars.
Sur cette période, la Tunisie a exporté davantage vers l’Italie qu’elle n’y a importé, dégageant un excédent commercial d’environ 340 millions de dinars. Un équilibre ponctuel, qui ne reflète pas la situation globale du commerce extérieur tunisien.
L’Italie, un partenaire structurant
L’Italie confirme sa position de partenaire économique central pour la Tunisie, à la fois comme fournisseur majeur et comme client industriel.
Contrairement à d’autres relations commerciales, les échanges entre Tunis et Rome reposent largement sur des logiques de co-production. Textile, câblage, composants électriques ou mécanique circulent dans des chaînes de valeur intégrées, où la Tunisie joue un rôle de transformation.
Ce positionnement explique en partie l’équilibre relatif de la balance bilatérale, mais il souligne aussi une réalité plus profonde : une part importante des exportations tunisiennes reste liée à des processus industriels pilotés de l’extérieur.
Une amélioration dans un contexte global fragile
À l’échelle globale, la situation reste plus contrastée. Au premier trimestre 2026, la Tunisie affiche un déficit commercial de plus de 5 milliards de dinars, malgré une progression des exportations.
Ce déséquilibre reste principalement tiré par le poids de la facture énergétique, par la dépendance aux matières premières importées et par les besoins en biens d’équipement. Dans ce contexte, les échanges avec l’Italie apparaissent comme relativement stables, mais insuffisants pour inverser la tendance générale.
Le chiffre de 1,57 milliard d’euros mis en avant par AGI confirme ainsi une reprise des échanges entre la Tunisie et l’Italie.
Mais il met surtout en lumière une constante : une économie ouverte et intégrée, capable de rebondir, mais encore dépendante de ses équilibres extérieurs.
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