Près d’un an après l’annulation spectaculaire du premier procès, la justice argentine rouvre ce mardi 14 avril le dossier de la mort de Diego Maradona, disparu le 25 novembre 2020 à l’âge de 60 ans.
Sept membres de son équipe médicale comparaissent de nouveau devant le tribunal de San Isidro, près de Buenos Aires, pour homicide par négligence, dans une affaire qui continue de bouleverser l’Argentine. Près d’une centaine de témoins sont attendus au fil des audiences.
Sept soignants rejugés après l’annulation du premier procès
Le nouveau procès repart de zéro, après la nullité prononcée en 2025 à la suite d’un grave vice de procédure. L’une des juges du premier dossier avait été contrainte à la démission après la diffusion d’images la montrant en train de participer au tournage d’un documentaire dans les couloirs du tribunal, en violation des règles judiciaires.
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Sur le banc des accusés figurent notamment le neurochirurgien Leopoldo Luque, la psychiatre Agustina Cosachov, ainsi que plusieurs médecins, infirmiers et psychologues ayant assuré le suivi de l’ancienne star du football mondial durant sa convalescence à domicile après une opération au cerveau. Une huitième accusée, l’infirmière Dahiana Madrid, fera l’objet d’un procès distinct.
L’accusation évoque un « théâtre de l’horreur »
Lors de la première procédure, les procureurs avaient soutenu que les protocoles médicaux n’avaient pas été respectés et que la maison où Maradona se remettait de son intervention ressemblait à un « théâtre de l’horreur », faute de soins adéquats.
Une commission médicale mandatée par la justice en 2021 avait conclu que la prise en charge avait été « inappropriée, déficiente et imprudente », renforçant les soupçons de négligence grave.
La défense, elle, maintient que le décès de l’icône argentine était inévitable en raison de ses lourds antécédents de santé et de ses addictions anciennes à l’alcool et à la cocaïne.
Un procès hautement symbolique en Argentine
Au-delà de l’aspect judiciaire, ce procès revêt une portée profondément symbolique en Argentine, où Maradona demeure une figure quasi sacrée, entre fresques murales, hommages populaires et culte footballistique.
Les témoignages de ses enfants, de son ex-épouse Claudia Villafañe et de proches déjà entendus lors du premier acte devraient de nouveau peser dans les débats.
En cas de condamnation, les sept accusés risquent de huit à vingt-cinq ans de prison, dans un procès qui pourrait s’étendre sur plusieurs mois et raviver, une fois encore, l’émotion autour de la disparition de l’un des plus grands joueurs de l’histoire.
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