La justice tunisienne a rendu un verdict sévère dans le dossier du champ pétrolier de « Halk El Manzel », situé dans le golfe de Monastir. La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière au tribunal de première instance de Tunis a condamné le directeur général d’une société pétrolière privée et un ancien directeur de l’Énergie à six ans de prison, assortis d’amendes cumulées de 24 millions de dinars, pour des faits liés à la mauvaise gestion et à la corruption administrative et financière.
Une affaire née de rapports d’inspection
Le dossier trouve son origine dans des rapports de l’Instance générale de contrôle des services publics et de l’Instance générale de contrôle des finances, qui ont mis en lumière plusieurs irrégularités concernant la licence d’exploitation du champ de Halk El Manzel.
À la suite de ces constats, le parquet du pôle judiciaire économique et financier a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire afin d’examiner les soupçons de dépassements dans la gestion de cette concession pétrolière.
L’instruction a, selon les éléments disponibles, révélé des manquements administratifs et financiers dans l’exploitation du site, dossier qui avait déjà provoqué par le passé de fortes secousses au sein du ministère de l’Énergie.
Un champ stratégique dans le golfe de Monastir
Le champ de Halk El Manzel, situé au large du golfe de Monastir, est considéré comme une concession sensible en raison des enjeux énergétiques et financiers qu’il représente pour le pays.
L’affaire remet au premier plan la question de la gouvernance des ressources naturelles, notamment le suivi des licences, la transparence des contrats d’exploitation et le contrôle des revenus générés par les hydrocarbures.
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