L’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur (OTOC) lance un appel au boycott de la viande rouge et des bananes, deux produits dont les prix ont grimpé de manière jugée « vertigineuse » sur le marché national. Cet appel intervient au moment où le pouvoir d’achat des ménages tunisiens est sous pression en ce Ramadan et dans un contexte de spéculation perçue comme croissante.
Boycott et mécontentement populaire
Lotfi Riahi, président de l’OTOC, a expliqué aujourd’hui sur Jawhara FM que la banane est devenue un facteur d’inflation en raison de son coût élevé. Il a aussi pointé la contrebande comme un élément aggravant des déséquilibres sur le marché, favorisant des circuits hors réglementation qui font flamber les tarifs au détriment du consommateur.
L’appel au boycott de la viande rouge et des bananes, lancé par l’OTOC vise à protester contre une spirale inflationniste ressentie dans les circuits de vente traditionnels, où les tarifs ont grimpé ces dernières semaines.
Selon l’organisation, ce boycott est aussi une manière d’exiger des contrôles plus stricts du marché, notamment contre la spéculation et la contrebande, qui contribuent à la hausse des prix.
Deux produits au cœur de la contestation
Pour répondre à cette pression, l’État tunisien, à travers la Société Ellouhoum, a pris des mesures concrètes pour encadrer le prix de la viande rouge en prévision du Ramadan.
Aux points de vente d’Ellouhoum à El Ouardia (Tunis), les autorités ont fixé un tarif unique à 42,9 dinars le kilogramme tant pour l’agneau que pour le bœuf d’origine locale. Ce prix, inférieur à ceux pratiqués dans certains marchés, vise à offrir une alternative abordable pour les consommateurs dans une période de forte demande.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de régulation des circuits de distribution, afin de faire pression sur les acteurs privés pour contenir les hausses tarifaires extrêmes observées ces derniers temps.
Sur le front des bananes, produit largement importé et consommé en Tunisie, le gouvernement a annoncé des mesures concrètes après des semaines de plaintes de la part des citoyens et des associations de consommateurs.
Les autorités ont mis en place un suivi renforcé des importations, accompagné de mesures de contrôle des prix dans les circuits de commercialisation. L’objectif affiché est d’éviter les hausses injustifiées, tout en garantissant une offre suffisante et des prix raisonnables pour les ménages, sans pour autant recourir à des restrictions à l’importation.
Pouvoir d’achat sous pression
La Tunisie fait face à une inflation alimentaire persistante, avec des produits essentiels dont les prix ont continué de grimper ces derniers mois. La viande rouge, notamment, a vu ses tarifs s’éloigner des capacités financières de nombreux foyers, tandis que les bananes ont connu une augmentation due à l’évolution des coûts d’importation et à la spéculation perçue dans certains segments du marché.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de tension économique, où la demande accrue liée au Ramadan vient accentuer les déséquilibres entre l’offre et les capacités d’achat des ménages.