La mort de Nemesio Rubén Oseguera Cervantes, alias El Mencho, chef du Cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), a provoqué dimanche 22 février une vague de violences dans plusieurs régions du Mexique après une opération militaire menée dans l’État de Jalisco.
Blessé lors d’un affrontement avec l’armée à Tapalpa, le narcotrafiquant de 59 ans est décédé pendant son transfert vers Mexico. Il faisait partie des criminels les plus recherchés par Washington, qui offrait une récompense de 15 millions de dollars pour sa capture.
Routes bloquées et villes paralysées
Après l’annonce de sa mort, des groupes armés ont incendié des véhicules et bloqué des axes routiers dans plusieurs États, notamment Jalisco, Colima, Michoacán, Nayarit, Guanajuato et Tamaulipas.
À Guadalajara, future ville hôte de la Coupe du monde 2026, les habitants sont restés confinés chez eux, les transports publics ont été suspendus et des écoles fermées. Des scènes de panique ont également été signalées à l’aéroport ainsi que dans la station touristique de Puerto Vallarta.
La présidente Claudia Sheinbaum a appelé au calme tout en saluant l’opération militaire.
Une guerre aux conséquences transfrontalières
Fondé vers 2007, le CJNG est considéré comme l’un des cartels les plus puissants du Mexique, impliqué dans l’exportation de fentanyl, méthamphétamine et cocaïne vers les États-Unis.
Les autorités américaines ont salué l’élimination d’un acteur majeur du narcotrafic, mais des analystes estiment que la disparition du chef pourrait provoquer des luttes internes pour le contrôle du cartel et une hausse des violences.
L’opération illustre aussi la dimension binationale du phénomène : le Mexique mène les opérations militaires contre les organisations criminelles, tandis que leur principal marché reste situé au nord de la frontière.
Depuis plus de trente ans, l’élimination des chefs est au cœur de la stratégie antidrogue : mais la disparition d’un cartel met-elle fin au trafic… ou ouvre-t-elle simplement une nouvelle guerre de succession ?
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