En recevant au palais de Carthage les ministres de l’Intérieur et de l’Éducation, ainsi que le secrétaire d’État à la Sécurité nationale, Kaïs Saïed a remis au centre du débat un sujet qu’il juge préoccupant : la présence croissante de drogue dans les établissements scolaires et à leurs abords.
Le président ne parle pas seulement d’un problème de discipline. Il évoque un danger pour la jeunesse et, plus largement, pour l’équilibre du pays. Le ton est ferme, presque alarmé. Une lutte annoncée depuis plusieurs mois Ce n’est pas la première fois que le chef de l’État insiste sur cette question.
Continuité d’une ligne dure contre les réseaux de trafic
En septembre 2025 déjà, il avait affirmé que la lutte contre le trafic de drogues devait devenir une action continue, et non une campagne ponctuelle. À l’époque, après d’importantes saisies au port de Radès, il avait évoqué la nécessité de sécuriser les écoles et de s’attaquer aux réseaux en profondeur.
La réunion du 11 février 2026 s’inscrit dans cette continuité. Le président appelle à renforcer les patrouilles autour des établissements et à cibler directement les filières qui alimentent le marché. Le message est clair : il ne s’agit pas seulement d’intervenir après coup, mais d’empêcher l’installation durable de ces réseaux dans l’environnement scolaire.
On retrouve ainsi la même ligne directrice qu’à l’automne dernier : fermeté à l’égard des trafiquants, vigilance accrue des autorités et responsabilité assumée des structures concernées. L’éducation comme terrain décisif Mais le discours évolue aussi. Cette fois, l’accent est davantage mis sur le rôle de l’école elle-même.
Kaïs Saïed propose d’intégrer un temps quotidien de sensibilisation aux dangers des stupéfiants dans les cours. Pour lui, la réponse ne peut être uniquement sécuritaire. Le président élargit même le propos : la question de la drogue est liée, selon lui, à un affaiblissement plus global du système éducatif.
La drogue, révélateur d’un malaise éducatif plus profond
Il évoque le décrochage scolaire et met en garde contre ce qu’il qualifie d’« analphabétisation déguisée », qu’il estime plus dangereuse encore que l’analphabétisme traditionnel. La drogue apparaît ainsi comme un symptôme d’un malaise plus profond.
En insistant à la fois sur la sécurité et sur la formation des consciences, le chef de l’État tente de relier deux registres : protéger les élèves aujourd’hui, mais aussi reconstruire un cadre éducatif capable de prévenir ces dérives demain.
Entre continuité du discours sécuritaire et élargissement au terrain pédagogique, le pouvoir confirme que la question ne sera pas traitée comme un simple fait divers, mais comme un enjeu durable.
Lire aussi :