La Tunisie entame une phase délicate de décrue après un épisode météorologique d’une violence exceptionnelle. La Protection civile confirme cinq morts, tandis que les équipes restent mobilisées sur plusieurs fronts, du pompage des eaux à la sécurisation des axes routiers et des zones côtières.
Alors que les pluies torrentielles commencent à se retirer, les unités de la Protection civile restent pleinement engagées dans les régions les plus touchées. Les opérations se concentrent désormais sur l’évacuation des eaux stagnantes, notamment dans plusieurs quartiers du Sahel, où parkings souterrains, sous-sols d’immeubles et infrastructures hôtelières ont été envahis par les eaux.
Les interventions se poursuivent également dans d’autres zones urbaines et périurbaines, où les dégâts matériels restent importants et les conditions de circulation encore partiellement perturbées.
Priorité aux vies humaines
Intervenant sur les ondes de Jawhara FM, le cadre à la direction des opérations de la Protection civile, Khalil Mechri, a insisté sur la hiérarchisation stricte des interventions. Toutes les alertes sont traitées, mais les secours continuent de privilégier les situations présentant un danger immédiat pour les personnes.
Selon lui, le pic de la crise a été dépassé, même si les prochaines heures demeurent sensibles, en particulier dans les zones exposées aux crues soudaines et aux ruissellements rapides.
Sur le réseau routier, la situation évolue dans le bon sens. Plusieurs axes stratégiques sont en cours de réouverture à mesure que le niveau des eaux baisse, sous la supervision conjointe des forces de sécurité et des services du ministère de l’Intérieur.
En mer, les interventions s’effectuent en coordination étroite avec la Garde maritime et l’armée, notamment le long des côtes où des incidents impliquant des pêcheurs ont été signalés ces derniers jours.
Un lourd bilan humain confirmé
Le dernier décompte officiel fait état de cinq décès. Quatre victimes ont été enregistrées dans la région de Moknine, surprise par la violence des crues. Une cinquième personne a perdu la vie à Sidi Hassoun, dans le gouvernorat de Nabeul, après que son véhicule a été emporté par les flots.
La Protection civile a par ailleurs démenti certaines informations relayées sur les réseaux sociaux, notamment au sujet d’un supposé décès à La Goulette, pour lequel aucune confirmation officielle n’a été établie à ce stade.
Une amélioration météorologique sous surveillance
Sur le plan climatique, la pression retombe progressivement. L’Institut national de la météorologie a annoncé la sortie du pays des niveaux d’alerte rouge et orange, au profit d’un dispositif de vigilance allégé. Des pluies restent toutefois attendues, surtout dans le Nord-Ouest, mais avec une intensité moindre.
Par mesure de précaution, les gouvernorats de Jendouba, Béja, Bizerte et Tabarka maintiennent leurs cellules de gestion des catastrophes en état d’alerte permanent, en raison de la sensibilité de leurs reliefs et de leurs oueds.
Les autorités rappellent que même des précipitations modérées peuvent provoquer des débordements dangereux dans ces régions. Les citoyens sont appelés à limiter leurs déplacements, à éviter les zones à risque et à respecter strictement les consignes de sécurité, alors que le pays tente de tourner la page d’un des épisodes pluvieux les plus destructeurs de ces dernières années.
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