Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux tire la sonnette d’alarme face à l’aggravation de la crise du médicament en Tunisie. Il appelle à un plan de sauvetage immédiat pour la Pharmacie centrale et les établissements publics de santé, estimant que la situation actuelle menace directement le droit constitutionnel à la santé. L’organisation dénonce des dysfonctionnements structurels et une gestion jugée irresponsable du dossier.
Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a lancé un appel pressant aux autorités pour la mise en place d’un plan de sauvetage urgent en faveur de la Pharmacie centrale et, plus largement, du système public de santé. L’organisation estime que la situation actuelle dépasse le stade d’une simple difficulté passagère et qu’elle menace directement l’accès des citoyens aux traitements essentiels.
Dans son communiqué, le forum insiste sur la nécessité d’adopter des politiques publiques alternatives capables de garantir la disponibilité de tous les médicaments, sans restrictions ni conditions, pour l’ensemble des patients.
Des dysfonctionnements structurels pointés du doigt
Le FTDES attribue cette crise à des défaillances profondes et persistantes dans la gestion de la Pharmacie centrale. Il met également en cause la rupture de la relation contractuelle entre la Caisse nationale d’assurance maladie et le syndicat des pharmacies privées, intervenue, selon lui, sans mise en place de solutions de remplacement crédibles.
Pour l’organisation, cette combinaison de facteurs a contribué à désorganiser davantage le circuit d’approvisionnement et à accentuer les pénuries observées dans plusieurs régions du pays.
Le forum considère que priver des milliers de patients de leurs médicaments, que ce soit par des ruptures totales ou par des approvisionnements irréguliers, ne peut en aucun cas être banalisé. Il affirme que la situation actuelle constitue une atteinte grave au droit constitutionnel à la santé et engage la responsabilité de tous ceux qui ont, par négligence, inaction ou mauvaise gestion, contribué à cette dérive.
L’organisation va plus loin en estimant que ce qui se passe aujourd’hui ne relève pas d’un simple dysfonctionnement administratif, mais d’une crise aux conséquences humaines potentiellement dramatiques.
Le cas alarmant des traitements contre le cancer
Le FTDES s’inquiète particulièrement de l’aggravation de la pénurie de médicaments destinés au traitement du cancer, ainsi que d’autres pathologies lourdes. Il y voit un indicateur de la gravité de la situation et un signal d’alarme sur l’état général du système d’approvisionnement en médicaments en Tunisie.
Le forum rappelle que le droit au traitement n’est ni un privilège ni une faveur accordée par l’administration, mais un droit fondamental, inaliénable et non négociable.
Face à cette situation, le FTDES réclame l’ouverture d’enquêtes sérieuses afin d’identifier les responsabilités et de traduire en justice toutes les personnes impliquées dans ce qu’il considère comme une violation du droit à la santé.
Pour l’organisation, la sortie de crise passe non seulement par un plan d’urgence pour rétablir l’approvisionnement en médicaments, mais aussi par une remise à plat de la gouvernance du secteur afin d’éviter que de telles dérives ne se reproduisent.
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