Le recours aux emprunts extérieurs tributaire du FMI, du respect de l’Etat de droit et des réformes

Le recours aux emprunts extérieurs et les besoins de financement extérieur de la Tunisie, restent tributaires d’un accord avec le Fonds Monétaire International (FMI), du respect de l’Etat de droit et des réformes structurelles qui seront mises en oeuvre.

Ces trois conditions ont été annotées par la Direction Générale du Trésor, relevant du ministère français de l’Economie, des Finances et de la Relance dans une note publiée fin mars 2022.

Concrètement, la Tunisie ne pourra pas obtenir de prêt à l’extérieur sans la conclusion d’un accord avec le FMI, du « respect de l’Etat de droit » et de la mise en œuvre de réformes structurelles, souligne le Trésor français.

Dans cette note le Trésor français épingle le fait que la Tunisie fait face à de très grandes difficultés pour emprunter et financer ses besoins, en l’absence d’un programme avec le FMI et compte tenu des craintes croissantes sur la soutenabilité de sa dette.

« Le recours massif aux emprunts extérieurs prévu en 2022, à hauteur de 12,7 milliards de dinars, afin de couvrir près des deux tiers des besoins de financements annuels rend  » impérative » la conclusion d’un programme avec le FMI, souligne-t-on.

Le trésor français, estime, en outre, que la crise russo-ukrainienne devrait exacerber les besoins de financement au-delà des 20 Milliards de dinars prévus dans la LFI 2022 pour soutenir le système de prix subventionnés de produits de base.

S’agissant de la dette publique, la trajectoire d’endettement reste « insoutenable » sans réformes ; les taux d’investissement et d’épargne bruts se sont effondrés respectivement à 7,8% du PIB et 4% du PIB en 2020 ; l’instabilité politique et les besoins de financements élevés de la Tunisie impactent la croissance, ajoute-t-on en se référant aux dernières projections de croissance 2022 (3,3% pour le FMI et 3,5% pour la BM).

La DG du trésor français épingle également la hausse de l’inflation, la dégradation de la situation sociale et de l’emploi avec un taux de chômage de 18,4%, soit le plus haut taux observé depuis 2011.

Autant de facteurs qui suscitent l’inquiétude et l’incertitude !

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