Une guerre atroce et ruineuse !

Quelle grande puissance aurait permis à ses ennemis d’hier, avec lesquels elle a eu au passé de graves frictions, ayant enfanté la « guerre froide », difficilement apaisée, d’établir à ses frontières des bases militaires de l’OTAN, dotées de surcroît d’armes nucléaires ?

Il s’agit bien d’une guerre dissuasive à l’intention de tout pays, ancien satellitaire de Moscou, de tenter d’emboîter le pas à une Ukraine, devenue aussi « indisciplinée qu’arrogante ».

Ayant poussé fatalement un petit pays à la population laborieuse et courageuse de la trempe de l’Ukraine dans l’enfer d’une guerre qui risque de s’avérer longue et ruineuse aussi bien pour la « victime » que pour l’Europe entière, voire par contrecoup pour l’Afrique aussi.

Quant aux Etats-Unis de Biden, « le mou », ils sont actuellement accusés d’être derrière la perspective de l’anéantissement d’un petit Etat. N’ont-ils pas poussé irrémédiablement ses jeunes dirigeants dans l’enfer de Poutine ? Celui-ci, doit-on le rappeler, a les moyens de sa politique conquérante et ses visées hégémoniques morbides.

Et il s’est avéré que ni le Pentagone ni, à plus forte raison, les autres membres de l’OTAN ne peuvent s’aventurer à tenter de secourir militairement le jeune et si novice président Volodymyr Zelensky pour ses beaux yeux.

N’ont-ils pas causé indirectement l’exode de près d’1,5 million d’Ukrainiens vers d’autres pays, y compris la Pologne, l’Allemagne, la France et même l’Amérique ? Du reste, d’autres ont quitté précipitemment leur capitale devenue fantôme, et cela, pour les campagnes environnantes et les villages avoisinants.

L’Occident se contente, dès lors, de faire uniquement appel à des pressions économiques et financières de toutes sortes contre Moscou, ainsi que tout l’arsenal des interdictions bancaires internationales dont le SWIFT.

Ajouter à cela, l’interdiction des facilités portuaires et celles des aéroports pour les transports russes. Et cela, par tous les pays occidentaux et autres aussi. Même les Etats du G7 se sont alliés contre l’«ogre» du Kremlin.

Or, cette panoplie de sanctions est une arme à double tranchant. Demain, l’Europe sera privée et du gaz russe et du blé ukrainien.

Il y a même certains qui ont osé, abusivement, faire pression sur le Général Sissi afin qu’il fasse interdire l’accès du Canal de Suez aux navires de marchandises battant pavillon russe.

Quant aux sanctions économiques occidentales contre la Russie, est-ce que Poutine n’a pas prévu au préalable dans ses plans – et avant même de marcher sur Kiev – ce délicat problème et y trouver une sortie avec le moindre mal ?

L’autosuffisance économique dans les divers domaines est assurée pour la Russie, d’autant plus qu’elle a gardé avec la plupart de ses anciennes colonies l’entourant des relations mutuellement fructueuses, à telle enseigne qu’un contingent tchétchène combat actuellement aux côtés des troupes de l’ancienne Union soviétique.

Les mêmes pressions ont été exercées, paraît-il, sur la Ligue arabe pour qu’elle condamne « l’agression russe contre l’Ukraine ». Il y a même certains leaders européens qui sont étonnés du silence des officiels tunisiens à propos de ce conflit qui risque de dégénérer en guerre plus étendue, englobant d’autres contrées.

Ces potentats occidentaux ont-ils oublié que la petite Tunisie – à l’économie fragilisée surtout par les Nahdhaouis – ne peut se permettre de renoncer aux dizaines de milliers de touristes russes qui foulent le sol tunisien ?

Par ailleurs, nous sommes en droit de nous demander pourquoi cette large unanimité occidentale tendant la main pour sauver le novice président Zelensky et son pays, alors que ces mêmes Etats ont toujours observé un silence radio total, alors qu’à maintes reprises, et à tout bout de champ, le peuple palestinien est continuellement meurtri au sein de la minuscule enclave de Gaza bombardée pour un oui ou pour un non par les sionistes, les valets des Etats-Unis ?

Pourquoi ce perpétuel silence coupable des pays de l’Alliance Atlantique dont les maîtres – gens sûrs d’eux et dominateurs – n’ont guère osé condamner les graves et terrifiants agissements des pouvoirs israéliens contre les Palestiniens abandonnés, le plus souvent, à leur propre sort, un sort nullement enviable ? Pourquoi ont-ils toléré aussi que les Yéménites s’entretuent impitoyablement depuis une dizaine d’années ?

Pourquoi autant de pressions et de sanctions de toutes sortes contre l’Iran qui tente de s’approprier l’atome, alors qu’ils ont permis à Tel-Aviv, avec l’aide de Paris et le silence criminel de Washington, de disposer d’un arsenal de bombes atomiques au Néguev ? Et surtout, pourquoi avoir entrepris l’anéantissement de l’Irak, un pays à la civilisation trois fois millénaire ?

Certainement parce que ni les Palestiniens ni les Yéménites, ni les Irakiens et à plus forte raison les Iraniens, ne sont des Chrétiens Orthodoxes comme le sont les Ukrainiens !

Savez-vous que même le Pape – quoique encore alité – a tenu à se rendre auprès de l’ambassade de l’Ukraine pour soutenir ce pays dans son malheur ?

Donc, toujours et jusqu’à l’infini, les Arabes, quels qu’ils soient, sont perpétuellement l’objet de suspicions et d’abus du fait qu’ils sont musulmans, de peau basanée généralement, et qu’à un moment donné de l’Histoire, la Porte Sublime – donc un authentique empire musulman – dominait presque de bout en bout toute l’Europe, soumise à ses pieds. Cela ne s’oublie pas de sitôt, mon frère !

Savez-vous aussi que le novice Volodymyr Zelensky aurait fait, tout récemment, des appels pressants à tous les juifs du monde pour lui venir en aide ?! A croire, alors, qu’il connaît bien leur grande influence dans tous les cercles internationaux, particulièrement aux Etats-Unis…

Pourquoi ce Zelensky n’a-t-il pas osé – depuis son accession au pouvoir – faire ne serait-ce qu’un petit geste en faveur de la Palestine perpétuellement meurtrie ?

La curiosité nous pousse, par ailleurs, à nous demander quelle sera l’issue de cette guerre fratricide appelée à se perpétuer et à se muer en guérilla? La Russie faisant appel, entre autres, aux Tchétchènes et autres unités paramilitaires du Russe Wagner, déjà installées au Mali qui s’est éloigné volontairement et avec fracas de la France.

Comme Poutine a officié en tant que premier responsable de la STASI en Allemagne dont la capitale Berlin a été partagée en deux morceaux tel un gâteau – à l’issue de la Seconde Guerre mondiale qui fut fatale pour les Nazis – avec, d’un côté, un domaine occupé par l’URSS de Staline, et de l’autre, une partie prise en otage par les Alliés, il est fort plausible que cette idée de partage de l’Ukraine aurait sa préférence, en plus du désarmement total de la portion de l’espace qui sera éventuellement cédée à Zelensky dans le cas où il ne chutera pas plus tôt avec grand fracas !

M’Hamed BEN YOUSSEF
Tunis-Hebdo du 07/03/2022

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