Saied – Taboubi : Le pacte de l’obligation ?  

Après cinq mois de rupture, les deux hommes ont finalement eu un tête-à-tête et peut-être pas le dernier, si on se réfère à certains échos.  Samedi dernier, le secrétaire-général de l’UGTT, Noureddine Taboubi a été finalement convié à une réunion avec le président de la République, Kais Saied.

Une longue réunion pour dissiper le flou qui a marqué la dernière période dans les relations entre l’UGTT et le palais de Carthage. Si les deux parties ont réfuté tout conflit qui les oppose, la tension était palpable entre Kais Saied et Noureddine Taboubi.

Ce dernier est allé jusqu’à remettre en cause tout le processus du 25 juillet et rejette l’approche individualiste de Kais Saied. Alors que le président de la République n’a pas cessé de limiter le rôle politique de la centrale syndicale notamment dans les circonstances actuelles que connaît le pays.

Sauf que pour certains observateurs, cette dernière réunion intervient par obligation sous l’effet des pressions de la crise économique et surtout à la lumière des négociations que mène la Tunisie avec les bailleurs de fonds et notamment le FMI.

Car d’une part, Carthage n’a pas intérêt à entrer en conflit avec l’UGTT dont le rôle dans l’adoption des mesures sociales douloureuses reste crucial. Et d’autre part, la Centrale syndicale ne veut pas entrer en confrontation avec le président de la République qui jouit d’une grande popularité.

S’agit-il alors du pacte de l’obligation ? Pour certains oui, si la Tunisie veut mener ses réformes, Carthage et l’UGTT, les deux puissances les plus influentes actuellement sur la scène nationale, doivent en effet faire un pacte pour sauver l’économie nationale.

D’ailleurs, les récentes déclarations de Taboubi vont dans ce sens. Dans une interview accordée à Acharaa Al Magharibi, il affirme que les Tunisiens sont capables de ce qu’il appelle une solution tuniso-tunisienne pour sortir le pays de la crise.

En tout cas, la dernière période a été pleine de réactions et de déclarations incendiaires entre les deux parties. En effet, la rupture entre le chef de l’Etat Kais Saied et le premier responsable de la centrale syndicale Noureddine Taboubi semblait avoir été consommée. Lors d’un conseil des ministres Kais Saied avait répondu indirectement à Noureddine Taboubi.

Si ce dernier avait il y a quelques jours annoncé que l’UGTT était bien prête à la confrontation, le président de la République s’était dit implicitement étonné face à de telles déclarations laissant croire que son seul intérêt est de protéger la Tunisie.

« Nous voulons le bien pour notre pays et nous mourons en héros, il ne s’agit en aucun cas d’écrasement des os », avait-il déclaré.

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