Une saison en Pologne : Devant Hannibal à Varsovie

À cheval entre novembre et décembre, j’ai retrouvé Varsovie et tenu un journal de ce séjour polonais qui m’a également mené à Gdansk. Dans le passé, mes périples européens m’avaient aussi permis de découvrir Cracovie et ses environs.

À force de visiter une ville, on finit par y avoir ses repères. Le musée du palais royal de Varsovie fait partie de ces lieux vers lesquels je reviens toujours les yeux écarquillés et l’âme se posant sur chaque objet patiné par des siècles de vie.

Dans ce musée, depuis que je l’y ai croisée il y a quelques années, une statuette d’Hannibal est toujours au cœur de mon attention.

C’est d’abord vers elle que je vais, pour retrouver mon émotion initiale. Non pas que cette statuette soit monumentale ou riche de détails à soupeser du regard ! C’est d’autre chose qu’il s’est agi entre nous dès la toute première fois. Un peu comme si je retrouvai ici un écho de la Tunisie antique de manière absolument impromptue.

À vrai dire, ce n’est pas juste Hannibal qui est sous mes yeux. Dans une vaste salle, ils sont quatre à s’observer en laissant leurs reflets se propager dans des miroirs. Les deux premiers sont Scipion et Hannibal qui semblent continuer à se jauger par-delà les batailles et les siècles. Tout aussi martiales, les deux autres statuettes sont à l’effigie de Jules César et Pompée dont le tumulte des combats est parvenu jusqu’à Utique, Carthage et Thapsus.
Aux quatre vents de l’Antiquité, mon esprit feuillette des livres d’histoire dans le fracas des armes et la rumeur des réminiscences.

Dès le premier regard, j’avais reconnu ces statuettes tant les personnages représentés m’étaient familiers. Je savais aussi que ces objets ne venaient pas de Tunisie et que leur facture était plutôt classique. J’avais d’ailleurs vite appris qu’un des rois de Pologne, féru d’Antiquité, les avait commandé à un atelier de sculpteurs italiens.

Cette oasis de mémoire méditerranéenne au cœur de Varsovie n’en exerce pas moins sur moi, une véritable fascination. J’aime y revenir pour me laisser surprendre par les réflexions des statuettes dans les miroirs et aussi, de manière étrange, pour observer ceux qui s’arrêtent devant elles.

C’est par ce pèlerinage subreptice que je commence toujours mes séjours à Varsovie. Comme si j’étais aimanté par ces statuettes. Comme si un peu de moi y était celé dans la pierre. Comme si les revoir me confirmait que je me trouvais bien dans cette ville que j’ai toujours hâte de revoir.

 

H.B.

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