Tunisie : Journalistes et activistes envoient un message fort à Mechichi

De nombreux journalistes, activistes, syndicalistes et autres personnalités, ont répondu, ce jeudi 15 avril 2021, à l’appel du Syndicat national des journalistes (SNJT), et participé au rassemblement de protestation qui s’est tenu devant le siège de l’agence Tunis Afrique Presse (TAP) afin de manifester contre la nomination de Kamel Ben Younes à la tête de l’agence.

Le SNJT a appelé, hier, tous les journalistes, organisations nationales et défenseurs de la liberté d’expression et de la presse, à participer, à cette manifestation afin de protester contre la décision du Chef du gouvernement Hichem Mechichi de garder Kamel Ben Younes à la tête de l’agence TAP, en dépit des protestations des journalistes et suite à l’usage excessif de la force à l’encontre des protestataires.

Lors du rassemblement, les présents ont scandé des slogans hostiles à Hichem Mechichi et au gouvernement : « Mechichi dégage ! » ont lancé les journalistes qui soutenaient également des pancartes dénonçant le fait que « le gouvernement ne respecte pas la loi ».

« Quatrième pouvoir, pas soumis au pouvoir » ou « La presse est libre » pouvait-on encore entendre deux jours après que la police soit intervenue par la force et fait irruption dans les locaux de l’agence TAP.

Le nouveau PDG, Kamel Ben Younes, ayant fait usage de la force publique pour pouvoir commencer sa mission, le sit-in des journalistes et techniciens de l’agence l’a obligé à se retirer Sauf qu’une intervention musclée de la police a envenimé davantage la situation, alors que des journalistes ont été agressés.

A ce titre, un certain nombre de journalistes agressés, mardi, se sont rendus à l’hôpital Charles Nicolle, ont obtenu des certificats médicaux et ont décidé de poursuivre les agents de sécurité mis en cause dans l’agression d’avant-hier.

La nomination de Kamel Ben Younes à la tête de la TAP est officielle depuis le 6 avril 2021 (JORT) date à laquelle le personnel de la TAP a entamé un sit-in illimité au siège de l’agence. Les journalistes et employés de la TAP justifient le refus de traiter avec Ben Younes par « son implication, avant la révolution, dans des atteintes à la liberté de la presse et d’expression et à l’action syndicale libre et ses tentatives de saper l’indépendance de la Ligue de défense des droits de l’Homme.

Les journalistes de la TAP ont décidé de boycotter le gouvernement en ne couvrant plus toutes les activités gouvernementales jusqu’au 22 avril. Une grève générale aura également lieu le 22 avril, si le gouvernement ne revient pas sur sa décision avant cette date.

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