Messieurs Kaftagi, Sohlobgi, Kahouagi, les bien nommés

Beaucoup de noms de métiers ont une consonance turcophone et sont devenus des patronymes en Tunisie.

C’est le cas des Damergi ou des Bostangi qui signifient respectivement « forgeron » et « jardinier » et sont l’équivalent de l’arabe Haddad ou Jnan.

C’est aussi le cas de noms comme Sohlobgi ( marchand de sorgho bouilli) ou Kahouagi (cafetier). C’est également le cas de Kaftagi qui n’est pas devenu un patronyme.

A ce propos, il existe chez les Russes un équivalent de notre kefta. Ce mets se nomme « katleta » (pluriel kotleti) et compte parmi les spécialités russes les plus prisées.

Au point où l’on affirme qu’il est impossible d’être russe, biélorusse ou ukrainien si l’on n’a pas un net penchant pour les katleti.

Similaire à la kefta de nos aïeux, les kotleti se présentent aussi comme des boulettes de viande légèrement épicées.

On les savoure partout dans le monde russe et elles sont aux Russes ce que le hamburger est aux Américains.

Dès lors, notre kefta est-elle un dérivé des katleti ou bien est-ce le contraire qui est vrai ?

Ce qui est par contre certain, c’est que le mot kefta a des origines turques et que le terme kaftagi qui désigne chez nous un plat populaire, signifiait à l’origine « marchand de kefta » et provient du turc « koftegi ».

En ce sens, et pour l’anecdote, plusieurs noms de familles tunisiennes se terminant en « gi » sont d’origine turque et, dans le temps désignaient des noms de métiers. Nous avons cité par exemple Kahouagi, Solhobgi, Damergi ou Bostangi.

Le parler populaire utilise également des termes comme « Bankagi » ou Sigourtagi » pour désigner banquiers et assureurs.

Encore heureux que Kaftagi ne soit pas resté comme un patronyme sous nos cieux !

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