Le onze légendaire du Club Athlétique Bizertin

Parce qu’il se voulait un club anticolonialiste et uniquement composé de joueurs arabes, le Club athlétique Bizertin a eu toutes les peines du monde à se frayer un chemin au sein de l’univers footballistique tunisien.

Pendant plus d’un demi-siècle après sa création en 1928, le CAB ne s’est toujours pas imposé comme un cador du championnat national, malgré une pléiade de joueurs talentueux et un public répondant présent à chaque match.

Ce n’est que dans les années 80 que les « Requins du Nord » décrochent leurs premiers titres nationaux sous l’égide de la FTF, ainsi que le premier trophée continental pour un club tunisien. C’est le début d’un nouvel âge d’or…

Les journalistes de Tunis Webdo ont, de ce fait, effectué un sondage afin d’établir une liste de onze joueurs mythiques qui ont arboré les couleurs jaune et noir. Nous avons pris en considération les footballeurs nationaux et étrangers, mais sans tenir compte de ceux qui sont encore en activité.

A présent, veuillez découvrir un CAB légendaire selon une formation tactique de type 3-5-2 : un gardien de but, trois défenseurs, cinq milieux de terrain et deux attaquants :

Houcine El Bez (gardien)

Bien avant les Bourchada, Almia et autres Ghazi Limam, il y avait Houcine. Houcine El Bez, le gardien infranchissable des années 60 !

Doté d’une détente peu commune, Houcine avait, en plus, une solide prise de balle et savait gérer sa défense comme un chef.

Ceux qui l’ont connu se rappellent d’une crème d’homme, toujours prêt à rendre service et à aider son prochain.

Salah Challouf (défenseur central)

Tantôt axial, tantôt arrière droit, Salah Challouf a été le dernier rempart du CAB lors de l’épopée 80.

D’un grand gabarit et fort dans ses interventions, le capitaine Challouf avait, aussi, le sens du placement et un instinct de buteur. Son nom est, désormais, indissociable de la légende cabiste.

Khaled Gasmi (défenseur central)

A tout juste 17 ans, ce talentueux défenseur de l’école bizertine rejoint les seniors du CAB. Sa rigueur et sa discipline en font de lui un élément clé de son équipe et l’un des meilleurs stoppeurs du football tunisien.

Titulaire incontestable chez les Requins du Nord, Gasmi consolide sa place en équipe nationale avant de s’envoler pour la Coupe du monde en Argentine en 1978.

Dépité par la professionnalisation progressive du football, Khaled Gasmi raccroche les crampons prématurément, laissant derrière lui l’image d’un gentleman. Il n’avait, alors, que 27 ans…

Yassine Dziri (défenseur central)

Aux côtés de Challouf, Yassine Dziri a contribué à écrire les plus belles pages du CAB en remportant les deux Coupes de Tunisie de 1982 et 1987, ainsi que le championnat de 1983/84.

Dziri était le genre de gars sur qui on pouvait compter et qui rendait une copie quasi parfaite à chacune de ses sorties.

Hosni Zouaoui (milieu défensif)

Avec Challouf et Dziri, il constituait la structure défensive du CAB glorieux des années 80.
Hosni Zouaoui était un ratisseur infatigable qui récupérait tous les ballons et les transmettait aux avants le plus rapidement possible.

Costaud et robuste, ce milieu défensif n’avait rien à envier à Ghommidh et consorts. Il est, sans nul doute, l’un des meilleurs récupérateurs qu’ait connu notre football.

Driss Haddad (milieu défensif)

Dans les années 60, le Club athlétique bizertin avait une équipe qui faisait frémir les traditionnels favoris du championnat.

Aux commandes de ce CAB d’antan, le capitaine Driss Haddad, un milieu récupérateur qui avait pour mission d’alimenter une ligne offensive composée de cinq attaquants ! Et oui, les tactiques ont bien évolué depuis…

C’était l’époque du beau jeu, du pur jeu ; celui où l’on mouillait le maillot pour quelques applaudissements et une tape sur l’épaule. « Ya hassra », comme disent les anciens…

Mansour Shayek (milieu droit)

Il y a de ces joueurs dont le simple passement de jambes restera gravé à jamais dans les mémoires.

Mansour Shayek est l’un d’entre eux ! Ce prodige du ballon rond est un authentique dribbleur à la brésilienne et un véritable poison pour les défenses adverses. Errant constamment sur le couloir droit, Shayek mettait le turbo chaque fois qu’il récupérait le balle pour foncer droit au but.

Un génie au sens propre qui ne s’est jamais remis d’une double fracture tibia-péroné. Il demeure, néanmoins, une légende du CAB !

Mondher Mokrani (milieu gauche)

Aussi talentueux que son frère Ridha, Mondher Mokrani était un latéral aussi rapide qu’un sprinter.

Si la vitesse était son principale atout, ses coups francs, aussi, avaient leur mot à dire.
Un milieu extraordinaire hissé au rang de légende.

Hamda Ben Doulet (milieu offensif)

Sans doute le meilleur joueur de l’histoire du Club athlétique bizertin !

A l’époque où les Sang et Or paradaient avec Tarek et la « Baklawa » avec Hergal, le CAB faisait trembler ses adversaires avec Hamda Ben Doulet, un arrière gauche reconverti en numéro 10.

Ce gaucher incroyable était un technicien hors pair et un buteur extraordinaire. Tout le monde se rappelle de ce missile des trente mètres qu’il planta à Mokhtar Naïli lors de la finale de la Coupe de Tunisie en 1982. Un unique but qui offrit aux Requins du Nord leur premier trophée depuis l’Indépendance.

Dès lors, Ben Doulet devint la pièce maîtresse de son équipe et un leader incontestable. Nous lui décernons, par conséquent, le brassard de capitaine de cette équipe de rêve.

Youssef Zouaoui (avant-centre)

La plupart des jeunes d’aujourd’hui ignorent qu’avant d’être un entraîneur à succès, Youssef Zouaoui a été l’un des Cabistes les plus emblématiques des années 60.

Avant-centre pur sang, Zouaoui était un fin technicien qui aimait les tirs en courses et les face-à-face avec le gardien adverse.

Après 263 matchs et 81 buts sous les couleurs jaune et noir, le légendaire attaquant prend les rênes de son club de cœur et remporte le championnat de 1983/84 et la Coupe de 1987. Inoubliable !

Boubaker Haddad (avant-centre)

Comme tout grand club qui se respecte, le CAB a, lui aussi, son buteur attitré. Cet homme n’est autre que l’attaquant vedette des années 50, Boubaker Haddad.

Après avoir rivalisé avec Mejri Henia pour le titre de meilleur buteur du championnat en 1951, Boubaker termine capocannoniere lors de la saison 1957/58 avec 28 buts, ex-æquo avec l’Etoiliste Habib Mougou.

Tirant parti de son gabarit musclé, ce renard des surfaces avait le don de se défaire du marquage adverse avant de s’illustrer par un doublé, un triplé ou même un quadruplé.

Pour l’anecdote, il demeure, à ce jour, le seul joueur à avoir marqué un octuplé lors d’un match de championnat ; c’était le 16 juin 1958 contre le Patrie Football Club bizertin.
Avec 102 buts au compteur, il est le meilleur buteur de l’histoire du Club athlétique Bizertin. Une légende à part entière !

Mohamed Habib LADJIMI

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