L’économie, malade d’une inflation hors de contrôle

Tribune | Par Wael Mejrissi

Les chiffres de l’inflation viennent de tomber et autant dire qu’ils ne sont pas rassurants. Il a atteint 7,7% pour le seul mois d’avril. Un bond qui laisse le citoyen tunisien pantois. L’envolée des prix est devenue une constante économique qu’aucun pouvoir politique ni économique n’arrive à endiguer.

Les denrées alimentaires de première nécessité deviennent un luxe dans le pays de la Révolution du Jasmin. Il semble que celle-ci ait débouché sur autre chose que la justice sociale et et la dignité tant espérées. Le pouvoir d’achat est malmené de mois en mois et les Tunisiens regardent les étiquettes des prix défiler avec fatalisme.

Cette nouvelle fait suite à la hausse de 30% des tarifs des cliniques privées à partir du 1er mai. Bref un climat économique et social bien morose pour le commun des Tunisiens qui finit miraculeusement chaque mois moyennant emprunts et découverts bancaires. La situation est dramatique pour ce pays dont le salaire moyen ne dépasse pas les 226 euros.

Derrière le décor paradisiaque de la carte postale se cache donc une réalité bien amère faite de privations en tout genre allant même jusqu’à renoncer aux soins médicaux faute de moyens.

Le mois sacré du Ramadhan ne s’annonce donc pas sous les meilleurs auspices alors qu’en temps normal, la consommation en cette période de l’année vient tirer vers la haut la croissance économique. Par conséquent, non seulement la consommation risque d’être aux abonnés absents en cette période de l’année mais en plus le citoyen voit sa condition sociale indubitablement régresser.

Il n’est d’ailleurs plus à prouver que la dégradation réelle et rapide du niveau de vie en Tunisie rend le peuple nostalgique de l’ère Ben Ali. L’histoire ne nous dira pas si le président déchu aurait été capable de répondre à ce défi d’une mondialisation qui file à toute allure et qui nivelle tout par le bas mais il est certain que le Tunisien lui, fait la différence entre son panier sous l’ère de l’ex-dictateur et son panier d’aujourd’hui. Et le constat et sans appel. Le pouvoir d’achat s’est bel et bien délité en quelques années depuis la dite révolution.

A part l’obtention d’une liberté d’expression de façade qui au demeurant ressemble plus à des joutes verbales sans consistance, il faut bien admettre que l’espoir d’une vie meilleure s’amenuise avec le temps à tel point qu’on se demande dans l’inconscient collectif à quoi a servi ce soulèvement populaire sinon à voir le coût de la vie renchérir et l’élévation sociale s’éloigner jour après jour.

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