Tribune : Quand le français donne des complexes à nos « stars » de la télé

Par Mohamed Sadok Lejri

Je zappe sur El Hiwar et je tombe sur les guignols d’Oumour Jeddiya, avec à leur tête Faouzi Ben Gamra, en train faire le procès de la Steg qui a « osé » recourir à la langue française pour prévenir les habitants d’un district de Tunis d’une coupure d’électricité.

Quatre des personnes présentes sur le plateau ont produit une représentation monolithique de la société tunisienne avec des injonctions profondément identitaires et homogénéisantes. Ils s’indignaient de voir la place qu’occupait la langue française dans le quotidien des Tunisiens : « Un jour, dans un café, une serveuse s’est adressée à moi en français sous prétexte que c’était plus pratique pour elle » pestait le mzeoudi repenti ; « Les enseignes des cafés sont écrites en français et les Tunisiens n’hésitent pas à railler ceux qui commettent des erreurs de français et ne bronchent pas devant les fautes d’arabe » rouspétait l’ignare mignard dénommé Naoufel Ouertani ; « les contrats sont souvent rédigés en français » enchérissait son larbin barbu aux cheveux gominés…

Y en a marre de voir des imbéciles unilingues exprimer leur rancœur à l’égard de la langue française et leur complexe vis-à-vis de cette langue. Comme c’est une langue qu’ils ne maîtrisent pas, et à défaut de l’interdire à tous les Tunisiens, ils refusent de voir l’administration tunisienne recourir à cette langue qui leur échappe totalement. Ils invoquent, bien évidemment, des arguments fallacieux dans l’espoir d’en finir avec le français en arguant que le recours à la langue française est synonyme d’occidentalisation et que le choix de cette langue provoque une rupture foudroyante avec le “soi authentique“, c’est-à-dire avec l’identité tunisienne qui ne saurait être qu’arabe et musulmane.

Pour ces imbéciles, le recours à la langue française est néfaste pour l“’authenticité arabo-musulmane“ de la Tunisie. En conséquence de cela, ils mettent en avant des arguments identitaires pour inciter les gens à privilégier la langue arabe et à reléguer le français à l’arrière-plan. En fait, le rêve inavoué de ces unilingues complexés a toujours été de saper la langue et la culture françaises, un héritage qui leur est totalement étranger mais qui a permis à beaucoup de Tunisiens de rompre avec la doxa.

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