Tunisie : L’Ecole de tous les dangers !

Lycée

L’institution éducative en Tunisie subit depuis le début de l’année scolaire l’assaut des crapules de tous genres, et cela dans l’indifférence quasi-totale du ministère de l’éducation nationale, du moins en apparence.

Si l’on se penche sur les derniers faits qui se sont produits ces derniers temps telle cette violente intrusion d’un jeune complètement hystérique dans un établissement à La Manouba qui a terrorisé tout le monde avant de se taillader, de cette lycéenne qui a agressé la surveillante générale, de ce directeur qui est « accusé » d’attouchements à l’égard d’une jeune élève, de cette enseignante qui rase les cheveux de quatre de ses élèves ; on peut constater la situation anarchique dans laquelle se retrouvent le plus grand nombre des établissements éducatives du pays par la faute d’éléments étrangers mais aussi d’éléments qui en font partie intégrante.

Car, il faut aussi relever que certaines institutions y compris des établissements relevant de l’enseignement public fonctionnent dans les règles de l’art, correctement. A titre d’exemple, les collèges ou lycées pilotes sont rigoureusement gérés à la fois par une administration (directeurs, surveillants généraux, proviseurs et enseignants) vigilante et inflexible sur les questions disciplinaires ou sur tous les comportements des uns et des autres.

L’on peut donc s’interroger sur l’indifférence qui frappe le reste des établissements dont la plupart sont pratiquement délaissés et déclassés y compris aux yeux du ministère.

Aujourd’hui, il est donc clair que la bonne gestion des écoles publiques dépend en premier lieu, et indépendamment de la difficulté des quartiers où ils se trouvent, de la compétence de la direction et de leur sens de la responsabilité. Cela vaut aussi pour les enseignants qui y travaillent et dont la mobilisation peut s’avérer déterminante pour assurer la bonne marche de leurs institutions respectives.

En second lieu, le ministère, de par cette politique, a instauré un enseignement à plusieurs vitesses. Un enseignement réservé aux élites qui reproduit le système social et la hiérarchie sociale existante, les élèves provenant dans leur écrasante majorité de familles aisées, et un autre enseignement réservé aux élèves des classes déshéritées dont rares sont les élèves qui échappent des mailles de la médiocrité et de l’échec.

Sur un autre plan, il convient de relever que les abords et l’environnement des écoles sont pleins de dangers avec la présence de malfrats de tous bords qui agissent au grand jour sans être inquiétés. Il y a des bandits qui rackettent les gamins, des dealers qui leur vendraient des stupéfiants ou d’autres qui les terrorisent à longueur de journées.

A ces maux qui menacent gravement l’ordre public, il est impératif que les deux ministres se réunissent pour mettre au point une stratégie pour sauvegarder l’école en éradiquant ces dangereux phénomènes alors que les responsables des établissements éducatifs doivent coordonner leurs efforts avec les autorités sécuritaires qui se trouvent à proximité pour juguler ce danger.

Autrement, l’école publique risque de s’enfoncer davantage dans l’anarchie cultivant la violence et le désespoir…

L.L.

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