La confection du safsari, un métier en voie de disparition

La médina de Tunis regorge d’artisans dont les spécialités diffèrent d’un souk à l’autre. La plupart d’entre eux est spécialisée dans la création d’habits traditionnels, des habits de plus en plus délaissés par les Tunisiens.

Parmi eux il y a le Safsari, ce voile traditionnel en soie, satin ou coton, porté par les femmes d’antan mais aujourd’hui largement abandonné.

Safsari 2
Safsari | Photo : Mohamed Ali Sghaier
Notre métier est fatiguant pour les jeunes d’aujourd’hui

Nous avons rencontré un tisseur, qui fait partie de l’un des derniers confectionneurs du Safsari, et dont le petit local se trouve à côté du café El Enba, rue Souk Erbaa. L’homme, une soixante d’années, travaille alors sans relâche sur la confection d’un Safsari.

Confectionneur de Safsari à la médina de Tunis | Photo : Mohamed Ali Sghaier
Confectionneur de Safsari à la médina de Tunis | Photo : Mohamed Ali Sghaier

Il exerce cette profession depuis presque 35 ans malgré les difficultés rencontrés et la fatigue de son métier qu’il a appris depuis l’âge de 20 ans.

[pull_quote_center]La confection du Safsari dure cinq heures, puis il reste deux jours à sécher et on le découpe. La demande n’est plus grande,  quand j’ai appris ce métier, chaque famille avait obligatoirement deux Safsari chez elle. Actuellement peu de gens achètent le Safsari à savoir uniquement ceux de Kairouan, de Bizerte, ceci est expliqué par la modernisation du pays.[/pull_quote_center]

Parmi les difficultés rencontrées, il y a l’absence d’acheminement de la soie en Tunisie spécialement depuis la Chine, ce qui le pousse à rester entre trois et quatre mois inactif à attendre l’arrivée de la soie.

Fabrication du Safsari | Photo : Mohamed Ali Sghaier
Fabrication du Safsari | Photo : Mohamed Ali Sghaier

L’absence de la relève y est aussi pour quelque chose, pour lui actuellement « les jeunes n’acceptent pas de travailler dans un métier pareil, ils préfèrent rester aux cafés et avoir de l’argent facile car ce travail est épuisant pour eux. »

La confection du Safsari ne se modernise pas
Artisan à la médina de Tunis | Photo : Mohamed Ali Sghaier
Artisan à la médina de Tunis | Photo : Mohamed Ali Sghaier

Un peu plus loin à la médina et dans un endroit regroupant plusieurs ateliers d’artisans, nous avons rencontré un autre artisan, plus vieux, et qui a passé plus de la moitié de sa vie à tisser. Un travail qui lui fait gagner en moyenne cinq à six dinars par semaine et parfois rien du tout.

[pull_quote_center]La plupart des gens ne mettent plus de Safsari, il est devenu cher mais se vend en petites quantités. Par contre le métier ne se modernise pas contrairement à la femme qui ne met plus de Safsari lui préférant le jean.[/pull_quote_center]

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