Marche en hommage à Eya – Les chiffres effarants de la violence à l’égard des femmes

Une marche blanche à la mémoire de la jeune fille Eya sera organisée, ce jeudi 19 juin, à partir de 12h à la place des droits de l’Homme, à Tunis, jusqu’à au siège du ministère de la Femme.

Eya

Eya, décédée, à 13 ans, le 7 juin dernier des suites de ses brûlures, avait été victime d’un crime d’honneur commis par son propre père, rapportent les organisateurs de la marche, dans un communiqué publié aujourd’hui.

«Ce père a brûlé sa propre fille, sa descendance pour l’avoir vu en compagnie d’un autre élève, un garçon !», peut-on lire dans ledit communiqué.

Aujourd’hui, un appel est lancé pour une grand mobilisation afin de dénoncer ces pratiques odieuses et moyenâgeuse, ainsi que «pour protéger les droits de l’enfant, le droit à la vie et de protéger toute femme mineure soit-elle ou majeure contre toute agression physique ou même verbale sous couvert de tutelle sur sa personne d’où qu’elles viennent».

Dans ce cadre, les organisateurs affirment que, outre la marche de ce jeudi, «d’autres actions suivront dans le futur pour que cette horreur ne se reproduise plus et que Eya ne sombre jamais dans l’oubli».

Chiffres à l’appui, ils rappellent la situation alarmante dans laquelle se trouve la femme tunisienne.

Ainsi, selon l’enquête nationale sur la violence à l’égard des femmes, 47,6 % des femmes âgées de 18 à 64 ans ont été, au moins une fois dans leurs vies, victimes de violences. Dans la région Sud-ouest du pays, ce taux atteint 72,2 %.

Par ailleurs, la première cause de décès chez les femmes âgées de 16 à 44 ans est la violence conjugale.

Les organisateurs indiquent que, malgré ce constat, «plus de la moitié des femmes Tunisiennes considèrent que la violence à leur égard est normale» !

Pour ce qui est des filles âgées de 0 à 17 ans, 92 % d’entre elles, selon les statistiques de l’Unicef, se voient imposées la discipline en utilisant des méthodes violentes, alors que le taux pour les garçons est de 93 %. Globalement, entre 10 % et 20 % des enfants sont victimes d’une violence régulière.

Par ailleurs, les organisateurs de la marche à la mémoire d’Eya déplorent plusieurs insuffisances au niveau des services de prise en charge des victimes de ce genre de violence, notamment l’inadaptation des postes de police pour l’accueil de ces victimes, un ligne verte – mise en place par le ministère de la Santé pour les femmes victimes de violence – inopérante, ainsi que le travail insuffisant des associations.

A partir de ces constats alarmants, les organisateurs appellent à ce que «l’État prenne ses responsabilités pour mettre en place des services de prise en charge suffisants, adaptés et accessibles».

Ils exigent, également, «une réforme immédiate des lois relatives à la violence à l’égard des femmes et aux violences faites aux enfants», en priorisant l’intérêt des victimes.

Commentaires:

Commentez...