Le grand cirque !

Depuis un certain hiver que tout le monde se remémore dans notre quartier, un cirque est venu, sans crier gare, s’installer près de chez nous.
Vous ne pouvez pas imaginer l’accueil enthousiaste qui a été fait aux artistes et à leurs animaux par les gens de notre quartier.

ANC (credit photo - la-croix)

C’est que, depuis fort longtemps, les enfants, aussi bien que les grands, n’avaient pas vu de cirque dans les parages, ni, par ailleurs, dans toutes les contrées du pays. Et puis, le cirque, c’est toujours un événement qui ne laisse personne indifférent.

Un spectacle varié

Le spectacle, qui, entre parenthèses, ne coûte pas très cher, est riche et varié. Il y a d’abord les animaux: certains sont magnifiquement dressés ; ils marchent à la baguette et réagissent au quart de tour aux ordres discrets de leurs dompteurs. Les singes et les perroquets connaissent leur leçon par cœur. Avec eux, pas besoin de baguette ou de fouet.

Puis, il y a les clowns. Sous des masques qui changent tout le temps, ils débitent des histoires hilarantes et créent des situations cocasses. Leurs meilleurs tours : les batailles à la tarte à la crème ou les glissades individuelles.

Dans tous les cas, le rire est garanti et la galerie s’amuse comme elle peut. Il y a aussi les funambules. Leurs prouesses laissent les spectateurs ébahis et surtout leur capacité de jouer sur plusieurs cordes, sans craindre les chutes.

N’oublions pas les jongleurs, les cracheurs de feu, les acrobates, les magiciens et autres artistes qui, chacun à sa manière, croient épater la foule et font de leur mieux pour être à la hauteur de leur art, d’autant plus que la concurrence est très forte.

Mais le combat de coqs (quelques poules y participent aussi, au nom d’une certaine parité animale) reste le clou de ce cirque. Les combattants s’entretuent à coups de becs, sous le regard d’un arbitre nonchalant qui, de temps en temps, cède sa place à une adjointe moins permissive, mais pas toujours impartiale.

Lassitude et patience

Mais, à la longue, le cirque a fini par nous lasser. Les clowns ne nous font plus rire. Les animaux sauvages ne nous font plus peur. Nous ne ressentions plus aucune crainte pour les funambules qui circulent au-dessus de nos têtes. Est-ce l’effet de l’habitude ou bien sommes-nous devenus conscients des règles du jeu qui régissent chaque numéro qui nous est présenté ?

De plus, les saletés qui jonchent nos rues (du fait d’une fréquentation record) et l’odeur insoutenable des fauves ont fini par nous dégoûter du cirque, de ses animaux et de ses «artistes». Mais comment s’en débarrasser ? Voilà une bonne question qui, cependant, est restée sans réponse.

Nous avons beau contacter la municipalité et alerter la presse. Rien n’y fait : les propriétaires du cirque ont un contrat en béton. Ils ne quitteront la place centrale de notre quartier qu’avec la fin de cette année.
Il nous faudra patienter, mais qui me dit qu’un autre cirque ne viendrait pas prendre la place de l’ancien, dès le début de l’année prochaine ?

Adel LAHMAR

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