Amnesty International s’engage à la réhabilitation de Jabeur Mejri

Jabeur MejriAprès avoir été libéré, mardi soir, Jabeur Mejri s’apprête à s’engager dans un nouveau combat, celui de la réhabilitation. Condamné à sept ans et demi de prison et à une amende de 1200 dinars dans une première affaire, pour avoir diffusé sur internet des dessins et écrits jugés blasphématoires ; poursuivi dans une deuxième affaire pour détournement de fonds, le jeune homme de 29 ans considéré comme le premier prisonnier d’opinion d’après la révolution est bien rentré chez lui à Mahdia où «il est bien installé» avait indiqué son avocat Me Ahmed Mselmi.

Si Jabeur Mejri a été libéré, l’affaire est toutefois loin d’être achevée. Le Comité de soutien s’est attelé à une nouvelle mission, celle de le réhabiliter. «Il faut que les poursuites soient annulées dans les deux affaires», indique Henda Chennaoui dudit Comité. «Nous avons vérifié dans le Code pénal les procédures à suivre et Amnesty International s’est engagé auprès de nous concernant cette réhabilitation», précise-t-elle.

Selon le Comité de soutien, Jabeur Mejri a droit à la dignité et cela commence par une réhabilitation afin qu’on abandonne les charges retenues contre lui.

Concernant des dispositions spéciales prises pour sa sécurité, il n’y a pas eu de prise en charge spéciale des autorités, selon le Comité de soutien. «On fait avec nos moyens», précise Henda Chennaoui et jusqu’ici il n’y a pas eu de menace particulière. Jabeur est chez lui et a le droit de se déplacer comme il l’entend».

Me Mselmi avait indiqué à l’AFP que des dispositions avaient été prises pour assurer la sécurité du jeune homme, menacé selon lui par la mouvance salafiste. « Le gouverneur est responsable de sa sécurité. On lui a parlé pour qu’il assure sa sécurité. Jabeur sera tout à fait tranquille chez lui », avait insisté l’avocat. Des propos repris par Mohamed Attia, le vice-président de la LTDH dans une déclaration au journal Al Maghreb.

Pour l’heure, personne ne connaît encore les intentions du jeune homme. Il a la possibilité de quitter la Tunisie s’il le désire pour s’installer en Suède sachant que son ami Ghazi Beji, condamné lui aussi à la même peine pour les mêmes faits, avait fui la Tunisie avant le verdict du 28 mars 2012 et depuis, a obtenu l’asile en France.

Mais comme le souligne le Comité de soutien, l’exil n’est pas le point d’orgue de cette affaire. «Jabeur Mejri a droit, comme tous les Tunisiens, de vivre dans son pays en paix sans qu’on le harcèle pour ses opinions ou ses obédiences. Il a droit à la dignité…», souligne Henda Chennaoui.

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